Le duel Macron-Le Pen s’installe, à moins que…
Emmanuel Macron, president de la Republique, Marine Le Pen, presidente du RN//SIPA_1737.3358/1902061757/Credit:HAMILTON-

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2017 une année sans fin ? C’est en tout cas ce que laisse penser le dernier sondage d’Ifop-Fiducial pour le Figaro. Les résultats rapportent que le président de la République conserve entre 24 et 29 % des intentions de vote contre entre 24 et 27 % pour Marine Le Pen. Depuis les régionales, la droite se sent pousser des ailes. Mais seul Xavier Bertrand arrive à se rapprocher des qualifications pour le second tour. D’après les analyses, le président des Hauts-de-France mobilise les électeurs de François Fillon (59 %) et rassemble une grande partie des sympathisants LR (72 %). Les autres candidats — Michel Barnier, Éric Ciotti ou Philippe Juvin — sont à la ramasse, obtenant respectivement 11, 7 et 5 %. Le directeur de l’Ifop, Frédéric Dabi, observe, au sujet du député des Alpes-Maritimes : « Ce n’est pas une dynamique spectaculaire, lui aussi bouge peu. Mais le fait est qu’il réalise le meilleur score à droite et qu’il n’est qu’à 7 points de la qualification. »Imaginons, un instant, qu’un outsider vienne chambouler le duel Emmanuel Macron-Marine Le Pen. Dans le sondage de l’Ifop, Éric Zemmour recueille 7 % d’intentions de vote avec Xavier Bertrand comme candidat à droite. « C’est vraiment un ovni : un objet politique non identifié », analyse Frédéric Dabi, avant d’ajouter qu’il est « un candidat attrape-tout ». Le chroniqueur fait de l’œil à l’électorat de François Fillon. Les partisans d’Éric Zemmour clament l’union des droites, qui regrouperait l’électorat populaire et la bourgeoisie conservatrice. C’est ce que tend à montrer l’enquête. « On a rarement vu des hommes politiques toucher de façon équivalente ces deux catégories. Éric Zemmour a sa rhétorique qui peut séduire », estime le responsable de l’Ifop.Chez Les Républicains, plusieurs ténors de l’aile conservatrice se sentent bien seuls depuis l’annonce de non-candidature de Laurent Wauquiez. L’ancien conseiller régional Sébastien Pilard déclare à l’Express : « Après le renoncement de Laurent Wauquiez, on est un grand nombre à se sentir orphelins de cette ligne de droite assumée, qui tranche clairement avec les idées d’Emmanuel Macron […] J’ai été harcelé d’appels des équipes de Zemmour après l’annonce de la décision de Wauquiez. Et nous sommes tous en train de nous poser des questions : pourquoi serait-on dans l’obligation de soutenir Xavier Bertrand, qui a quitté le parti uniquement parce que notre président de l’époque était trop droitier à son goût, et reprend aujourd’hui ses idées ? » Et ce n’est pas le seul à penser cela. En coulisses, on imagine déjà un départ non négligeable de républicains qui rejoindrait Éric Zemmour.