La droite doit être une idée neuve

En ce sens, la droite doit être une idée neuve. Neuve si l’on considère la façon dont
elle fut ostracisée durant ces longues décennies où il fallait être de gauche pour paraître
moralement respectable, en phase avec son époque. Neuve, si l’on considère la manière
dont cette idée fut réduite à une approche purement matérielle visant à défendre les
privilèges des fortunés tout en maintenant implacablement l’ordre public. Neuve, enfin, si
l’on considère la façon dont certains l’utilisent aujourd’hui pour qualifier la politique du

président Macron en raison du démantèlement partiel de l’ISF, de la remise en cause des
avantages acquis des plus modestes et des cadeaux fiscaux aux grandes entreprises.
Une idée neuve, donc, lorsque la droite ose rappeler ce qu’elle est : un courant de
pensée avant tout soucieux de tenir compte de la nature et du réel, très dubitatif à l’égard
de toutes les tentatives de constructions artificielles d’un paradis sur terre, mais très
conscient de la fragilité des choses humaines, et en particulier des plus précieuses d’entre
elles, que ce soit la famille, la nation, la civilité, la culture ou la civilisation. Un courant de
pensée dénonçant les menaces multiformes qui pèsent sur elles, et insistant sur l’effort
d’attention et de conservation qui s’impose en retour. Un courant pour lequel il ne s’agit pas
de conserver pour conserver, par phobie du changement ou goût de l’immobilité, mais
parce que ces réalités donnent du prix à l’existence.
Une idée neuve, pour autant que cette droite assume sans complexe la dimension
conservatrice de sa démarche, à rebours de ce progressisme politique, économique, et
sociétal qui déconstruit la France depuis quarante ans. Neuve dès lors qu’elle réaffirme
l’importance de l’autorité tout en rappelant qu’elle seule permet l’épanouissement des
libertés, et que tel est même son rôle naturel. Neuve, aussi en ce qu’elle entend faire
prévaloir l’intérêt de la France et des Français sur un nouvel humanisme dévoyé qui définit
l’ouverture des frontières comme une nécessité profonde, ou sur un intégrisme écologique
qui finit par se transformer en antihumanisme totalitaire.