Présidentielle 2022 : un sondage donne Zemmour au coude-à-coude avec Bertrand, dans un mouchoir avec Le Pen

L’étude, réalisée par Harris Interactive, indique que le polémiste devancerait la droite en cas de candidature de Valérie Pécresse ou Michel Barnier.

Le ticket d’entrée pour le second tour est plus serré que jamais. Tandis qu’Emmanuel Macron caracole en tête des intentions de vote (23% à 24%) dans presque tous les sondages, le jeu pour la deuxième place apparaît de plus en plus incertain. Selon une étude Harris Interactive pour Challenges , publiée mardi, Éric Zemmour vient semer le trouble en continuant sa progression.À découvrir

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Testé à 13%, le polémiste est donné au coude-à-coude avec l’ex-LR Xavier Bertrand (14%), et dans un mouchoir avec Marine Le Pen (16%). En cas de candidature de l’ex-LR Valérie Pécresse (12%) il passerait alors devant la droite (13%). Écart qui se creuserait encore plus (14%) si c’est le LR Michel Barnier (8%) qui était choisi pour représenter sa famille politique.

Mélenchon en tête à gauche, devant Hidalgo, Jadot et Montebourg

Quel que soit le scénario, la candidate RN plafonnerait quant à elle à 16% des voix, soit douze points de moins qu’au début du mois de juin (28%). Une mauvaise dynamique qui la laisse de marbre, comme elle ne manque jamais de le rappeler en petit comité. «Je garde le calme des vieilles troupes», a-t-elle coutume de répéter lorsqu’elle est interrogée sur les enquêtes d’opinion.

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À gauche, enfin, seul Jean-Luc Mélenchon peut se satisfaire des résultats. Avec 13% (+3 par rapport au début du mois de septembre), le leader de la France Insoumise s’impose en distançant la socialiste Anne Hidalgo (7%), l’écologiste Yannick Jadot (6%), et le souverainiste Arnaud Montebourg (2%). Reste à savoir s’il bénéficiera d’un report des voix des soutiens de Sandrine Rousseau.

ÉRIC ZEMMOUR: “LES RÉPUBLICAINS JOUENT LES CHOCHOTTES”

Eric Zemmour, interrogé au cours d’un déplacement ce dimanche, estime que “les Républicains jouent les chochottes”.

Qu’il plaise ou non, Eric Zemmour a souvent le sens de la formule. Et sa dernière sortie ne va pas plaire du tout aux Républicains… Le polémiste, qui multiplie les interviews mais ne s’est pas encore déclaré candidat à l’élection présidentielle de 2022, a déclaré que les Républicains “jouent les chochottes”.

Éric Zemmour participait à la journée du Conservatisme à Asnières dans les Hauts-de-Seine ce dimanche. Interrogé au milieu de la foule par un journaliste, il répète pourquoi il faut – selon lui – une union de la droite et de l’extrême-droite pour les élections. “Il faut réunifier les droites, je le dis depuis 20 ans. Et c’est pas en jouant les chochottes qu’on  va les réunir”, a expliqué Eric Zemmour. Relancé par le journaliste pour savoir si, actuellement, les Républicains jouaient les chochottes, le polémiste a répondu : “Ben oui

Primaire écologiste : Yannick Jadot et Sandrine Rousseau sont arrivés en tête du premier tour de la primaire et sont qualifiés pour le second tour

A quelques mois de l’élection présidentielle de 2022, la primaire écologiste a livré ses premiers résultats. Avec respectivement 27,70% et 25,14% des voix du corps électoral d’EELV, Yannick Jadot et Sandrine Rousseau sont arrivés en tête du premier tour de la primaire du parti et sont qualifiés pour le second tour, vient d’annoncer le secrétaire national du parti Julien Bayou. Après eux, Delphine Batho a remporté 22,32% des voix, Eric Piolle 22,29% et Jean-Marc Governatori 2,35% des votes.

Les participants avaient jusqu’à 17 heures pour voter en ligne. Ils étaient cette année plus de 122.000 à s’être inscrits pour élire un candidat à la primaire écologiste, un chiffre largement supérieur au record qui s’établissait jusqu’ici à 32.000 votants en 2011.

En 2016, ils n’étaient que 16.000 à voter. Le second tour de cette primaire se déroulera la semaine prochaine, du 25 au 28 septembre. Les inscrits seront une nouvelle fois appelés à voter en ligne.

Chroniqueur chez Cyril Hanouna et célèbre supporter de l’OM, René Malleville est décédé des suites d’un cancer – Le 18 août dernier, il annonçait avec émotion son combat contre la maladie – Vidéo

Chroniqueur chez Cyril Hanouna et célèbre supporter de l’OM, René Malleville est décédé des suites d’un cancer annonce en ce début d’après-midi le quotidien régional La Provence.

Le 18 août dernier, René Malleville annonçait avec émotion être atteint d’un cancer. Le fan de l’OM, également chroniqueur dans Touche pas à mon poste, avait publié un message sur Twitter pour faire part de cette mauvaise nouvelle. « Bonsoir, je crois qu’il est temps de vous dire la vérité. Demain, on me pose un appareil pour commencer les scéances de chimio. Je suis super bien entouré par ma famille, j’ai un moral d’enfer et les milliers de messages de votre part y sont pour beaucoup. Merci encore les potos », postait-il sur le réseau social.closevolume_off

Très populaire, René Malleville avait reçu des messages de soutien de la part des internautes, mais également de personnalités comme Cyril Hanouna, Mohammed Bouhafsi ou encore du footballeur Benjamin Mendy.

Ce mercredi 15 septembre, l’amoureux du ballon rond a fait le point sur son état de santé. Dans un message publié cette fois encore sur Twitter, il a donné des nouvelles assez peu rassurantes et a confié ne pas être en grande forme. « Je m’adresse aux millions de messages reçus, qui me font trop de bien, mais excusez-moi je ne peux répondre à tous. Sachez que vous me donnez un courage incroyable, j’en ai besoin dans ces moments-là.

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Satellites : L’espace, la dernière zone de guerre

Samantha Potter met en garde contre les risques posés par un dépôt de ferraille en orbite

Le réseau satellite qui entoure le globe est un élément essentiel de la vie moderne, permettant la navigation GPS, la surveillance météorologique et les transactions bancaires. Depuis la guerre du Golfe de 1991, connue sous le nom de première guerre de l’espace, les forces armées sont également devenues dépendantes de ces moyens spatiaux pour la conduite des opérations militaires.

L’espace est de plus en plus considéré comme une arène dans laquelle les parties belligérantes peuvent s’affronter. La politique spatiale du président Trump en 2020 reconnaissait que l’espace pouvait être utilisé pour des « activités de sécurité nationale, y compris pour l’exercice du droit inhérent à la légitime défense ». Le livre blanc de la Chine sur les activités spatiales de 2016 identifie l’utilisation de l’espace pour « la sécurité nationale et le progrès social » et pour « protéger les droits et intérêts nationaux de la Chine et renforcer sa force globale ».

Au fur et à mesure que la rhétorique s’est intensifiée, la fréquence à laquelle les États testent des armes spatiales telles que les missiles antisatellites s’est accélérée. En 2007, la Chine a utilisé une telle arme pour détruire l’un de ses anciens satellites météorologiques, produisant ainsi des milliers de fragments de débris qui restent en orbite. Il est considéré comme le test anti-satellite le plus destructeur jamais réalisé. Les États-Unis ont effectué un test similaire un an plus tard, suivis en 2019 par l’Inde et un an plus tard par la Russie qui a monté trois tests anti-satellites.

L’utilisation de missiles anti-satellites serait une stratégie efficace pour affaiblir l’efficacité américaine

Compte tenu de l’importance militaire des réseaux satellitaires, en particulier pour le déploiement de forces en dehors des territoires d’origine, cela rend les armes anti-satellites idéales pour perturber les liaisons de communication lors d’un conflit conventionnel.

Si un conflit entre la Chine et les États-Unis survenait à propos de Taïwan, par exemple, la Chine pourrait cibler les satellites américains, perturbant les opérations américaines. Étant donné qu’un tel conflit entraînerait inévitablement une projection des forces américaines dépendantes de ces moyens spatiaux, l’utilisation de missiles anti-satellites serait une stratégie efficace pour affaiblir l’efficacité des États-Unis.

De même, le conflit actuel en Ukraine illustre la préférence de la Russie pour la guerre hybride. Reconnaissant la dépendance des États-Unis et de l’OTAN à l’égard des capacités spatiales, l’utilisation d’armes antisatellites pourrait plaire à la Russie. Étant donné qu’il peut être difficile de retracer la source de certaines activités antisatellites, car certaines armes imitent les échecs de routine des opérations satellitaires, de telles tactiques secrètes constitueraient un puissant moyen à la disposition des stratèges russes en cas de conflit.

Une telle possibilité est étroitement surveillée par les États-Unis, ce qui a amené Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l’OTAN, à reconnaître que des « attaques vers, depuis ou dans l’espace » saperaient « la prospérité, la sécurité et la stabilité nationales et euro-atlantiques » à un point tel que un mouvement pourrait déclencher l’article 5, ou des préparatifs de défense collective. 

La pollution de l’espace extra-atmosphérique

Au-delà de la menace militaire, l’augmentation des débris dans l’espace soulève d’autres inquiétudes.

L’un des plus grands défis posés par les tests antisatellites répétés est la quantité de débris qu’ils créent dans un domaine encombré de satellites. Les débris spatiaux peuvent aller d’un satellite entier à un grain de peinture. Dans un environnement pratiquement sans friction, les débris en orbite se déplaçant à grande vitesse peuvent être incroyablement destructeurs.

L’aspect le plus dangereux des débris spatiaux est qu’ils engendrent plus de débris spatiaux. Si les débris dans l’espace entrent en collision avec des satellites fonctionnels, au mieux, ils causent des dommages mineurs. Mais au pire, cela peut détruire un satellite, créant plus de ferraille spatiale.

Comme les satellites fournissent les yeux et les oreilles qui permettent la vérification nucléaire, il n’y a pas de sous-estimation de cette menace

Si la pollution de l’espace se poursuit, elle risque de rendre l’arène inutilisable. La densité des débris pourrait devenir si concentrée qu’une collision supplémentaire pourrait créer une réaction en chaîne imparable, enveloppant la Terre dans une enveloppe de débris spatiaux.

Comme les satellites fournissent les yeux et les oreilles qui permettent la vérification nucléaire, il n’y a pas de sous-estimation de cette menace. L’engagement du G7 en faveur d’une utilisation sûre et durable de l’espace en juin 2021 est un pas dans la bonne direction. La déclaration commune a souligné à juste titre que notre orbite spatiale est un « environnement fragile et précieux », et que toutes les nations doivent « assurer l’utilisation durable de l’espace pour le bénéfice et les intérêts de tous les pays ».

La négligence concernant la création et l’élimination des débris spatiaux ne peut être ignorée. Début mai, le monde a retenu son souffle lorsqu’un morceau de débris spatiaux chinois – l’étage central de 23 tonnes d’une fusée Longue Marche 5B – est retombé vers la Terre. Bien qu’il se soit brisé au-dessus de l’océan Indien, les projections de sa trajectoire de rentrée signifiaient qu’il y avait une petite chance qu’il puisse toucher une région densément peuplée.

Pour assurer la sûreté, la sécurité et la stabilité de l’espace extra-atmosphérique, il faudra plus qu’une simple focalisation sur la minimisation des débris orbitaux. Cela nécessitera un programme qui s’engage à freiner les tests antisatellites agressifs, en particulier ceux qui créent des débris spatiaux.

Les forums prometteurs dans lesquels de telles mesures pourraient être appliquées sont les traités de contrôle des armements actuellement dans l’impasse, tels que les propositions chinoises et russes à la Conférence du désarmement ou le projet de code de conduite pour l’espace extra-atmosphérique de l’Union européenne.

La question n’est pas de savoir si nous allons poursuivre l’expansion mondiale dans l’espace, mais plutôt si nous pouvons y parvenir de manière durable. L’engagement du G7 sur les débris spatiaux et l’affirmation de l’OTAN sur la sécurité collective sont de bons débuts. Cependant, l’espace extra-atmosphérique est un bien commun mondial, et les États bénéficieraient d’une communication accrue, non seulement entre les alliés, mais avec toutes les nations, et plus particulièrement entre l’Occident et la Chine.


Cet article est écrit à titre personnel et ne reflète pas nécessairement les opinions officielles du gouvernement américain, du ministère de la Défense ou du ministère de l’Air Force.

David Lisnard et Éric Ciotti, ce qu’ils ont dans la tête

Présidentielle Le maire de Cannes et le député des Alpes-Maritimes, unis face à la macronisation de leur camp, jouent leurs cartes respectives et réveillent la droite en Paca. Passage au banc d’essai.Par Quentin HosterPublié le 10 septembre 2021 à 16h27

Eric Ciotti et David Lisnard autour de Charles-Ange Ginesy, président LR des Alpes-Maritimes. ©ERIC OTTINO/NICE MATIN/MAXPPPPartager cet article surFacebookTwitterLinkedIn

Si une valeur est fonction des passions qu’elle déchaîne, alors celles-ci sont d’avenir. Installée ou émergente, plutôt rassembleuse ou clivante, plutôt libérale ou conservatrice, chacune des deux fi gures en vue de la droite maralpine compte bien peser de tout son poids — et de toutes ses nuances — dans les échéances à venir. Alors que le maire de Cannes, David Lisnard, réfl échit encore à la meilleure manière d’exploiter sa nouvelle notoriété au service de ses idées, le député des Alpes- Maritimes, Éric Ciotti, a mis le cap sur 2022, les pieds dans le plat.

Candidat déclaré à la primaire de la droite — mais on ne sait pas encore si elle aura lieu —, le Niçois a décliné, à l’occasion de son premier raout militant, le 28 août, ses axes de campagne : inscription des racines judéo-chrétiennes dans la Constitution, implantation de l’ambassade de France en Israël à Jérusalem… « Une politique de défense de la civilisation », soutenue par son entourage, qui prépare la suite de l’off ensive : « C’est très bien de dire que l’on a des racines, mais il faut maintenant expliquer comment on les défend. » Selon nos informations, le député LR proposera l’instauration de peines planchers pour les crimes et délits antisémites, ou encore la création d’un poste d’ambassadeur pour les minorités opprimées, comme les chrétiens d’Orient. Fidèle à sa ligne. En attendant que celle-ci soit à nouveau caricaturée sur ces nouveaux axiomes, l’équipe du candidat s’aff aire à calmer la tempête dans un verre d’eau déclenchée sur Twitter il y a quelques jours. Éric Ciotti y fustigeait le retrait précipité des États-Unis d’Afghanistan, où les talibans auraient mis la main sur du matériel militaire américain, vidéo à l’appui, mais en réalité soviétique… et toujours opérationnel, selon un proche du député en contact direct avec l’entourage d’Ahmad Massoud. Il ne fallait pourtant pas plus que cette approximation pour donner la tonalité d’une campagne qui s’annonce rude. « Quand le sage désigne la lune, l’idiot regarde le doigt », démine un ciottiste. L’off ensive médiatique programmée — un itinéraire à travers la région Paca et l’ouest de la France, jalonné de ralliements des sympathisants de Bruno Retailleau et Laurent Wauquiez — attend le candidat, pour l’heure testé à 6 % d’intentions de vote, dans un sondage Harris Interactive pour le magazine Challenges.

Deux salles, deux ambiances

Malgré le ballet incessant de jets privés, la butte Saint-Cassien, qui surplombe la piste d’atterrissage, n’a pas son attention ailleurs que sur la scène à 360 degrés. Sur ces hauteurs de Cannes, le 29 août, David Lisnard a réuni 1 500 personnes pour son annuel “piquenique de rentrée” politique, forcément pas comme les autres. Au terme d’une heure et demie de discours, sans notes, le fondateur de “Nouvelle Énergie pour la France”, son mouvement, délivre ses partisans de l’attente : il ne se présente pas, pour l’heure, à la primaire de la droite. Le fl ou, volontairement entretenu par la direction des Républicains autour de ses règles et de sa tenue, inquiète le maire de Cannes, trop dévolu à sa ville — largement honorée par sa prise de parole — pour la lâcher au profi t d’une aventure incertaine. Playlist des années quatre-vingt, piste de danse autour du buff et, l’événement tient plus de la soirée de mariage que du meeting électoral. « Depuis quatorze ans qu’on fait ça, je n’ai jamais vu une rentrée politique avec une telle ambiance », s’amuse David Lisnard. Estrade gigantesque, service d’ordre, tablées bien rangées et discours bien tranché au pupitre devant un public à la moyenne d’âge élevée… La rentrée était plus calme et solennelle, la veille, à Levens, pour Éric Ciotti.

Deux tempéraments pour deux tonalités politiques diff érentes, mais complémentaires. « Je suis persuadé qu’ils ont un destin national ou qu’ils seront appelés à infl uer sur le destin de la France », tranche Sébastien Leroy, maire LR de Mandelieu-la-Napoule, présent à la rentrée de ses deux « meilleurs amis politiques ». Si elles s’estiment réciproquement dans un combat commun, les deux nouvelles fi gures de proue de la droite des Alpes-Maritimes divergent quant à la manière : « Ils sont très proches sur la liberté d’entreprendre, la libération des carcans administratifs, mais Ciotti considère davantage la question civilisationnelle comme cruciale », analyse un cadre LR local. Bras de fer avec la Cour européenne des droits de l’homme, référendum sur l’immigration : les prises de position régaliennes du maire de Cannes ne manquent pourtant pas. « Lisnard, ce qu’il fait à Cannes est très bien, mais c’est plus du Fillon intellectualisé. Il aurait trop à perdre s’il se présentait à la primaire alors qu’il veut l’Association des maires de France », estime un observateur, dubitatif. Si les voies qui mènent à l’Élysée et à la puissante AMF peuvent se croiser, assure l’entourage du maire de Cannes, une ambition pourrait ne pas nécessairement en chasser une autre.

“Champ des possibles”

Dévoué, discrètement, à la rédaction d’un “agenda de gouvernement” depuis plusieurs mois — une singularité à droite —, David Lisnard a prévenu ses sympathisants, venus de toute la France à Cannes dans l’espoir d’une déclaration de candidature : « Je ferai tout ce que je peux. » Alors qu’une première enquête, testant les candidats déclarés vient de démarrer, rendez-vous est fi xé, par le maire de Cannes, au 25 septembre, date du congrès des Républicains, qui devrait fi xer les modalités de la compétition. En attendant, Lisnard joue sa chance et scrute le « champ des possibles ». Désossage de la bureaucratie, atomisation du millefeuille territorial, big bang de la réindustrialisation… Le candidat aux idées dévoile certaines de ses propositions, issues des groupes de travail qu’il a constitués, dans le Point, avec un cheval de bataille : « Il faut sortir la France du délire bureaucratique. »

Alors que l’espace peine à se remplir au centre droit, avec le défi cit de crédibilité de Valérie Pécresse et Xavier Bertrand, et se dégage sur l’aile droite, avec le désistement de Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau, Lisnard réfl échit. D’autant que, sur ce dernier créneau, un ami est déjà positionné : Éric Ciotti. « Mon pari, c’est qu’il fait monter les enchères et fi nira par vendre son programme à Pécresse », prophétise un élu local. Faux, répond l’équipe de David Lisnard, qui plaide le travail désintéressé, décorrélé des structures partisanes et de l’agenda électoral, mais sans naïveté : « Il continue de dérouler ses idées, sans se faire enfermer dans une case, c’est aussi simple que ça. »

Reste qu’en arrivant à la tête de l’AMF, le maire de Cannes prendrait de la hauteur, y compris sur les querelles intestines à droite, qui font rage sur le littoral depuis le mélodrame des régionales. Ainsi le maire de Nice, Christian Estrosi, s’est ému de la désignation, par François Baroin, de son successeur rêvé à la tête de l’AMF. « Estrosi s’est cornérisé depuis des années en défendant les territoires, il s’est autoproclamé défenseur des maires de France. Là, Lisnard deviendrait son patron et serait infi niment plus légitime que lui pour en parler », se réjouit un opposant au maire de Nice.

Leaders, par la force des choses, d’une droite préservée des compromissions avec la majorité en Paca, David Lisnard et Éric Ciotti pâtissent, pour l’heure, de leurs handicaps respectifs. Défaut de notoriété nationale pour le premier, délit de sale gueule pour le second, défi cit d’infl uence au sein de l’appareil LR pour les deux. Rien d’insurmontable en soi. « Le problème de la droite, c’est qu’elle n’a pas de projet de société. Tous deux ont de bonnes idées et structurent le débat avec des mesures, mais je reste frustré d’une absence de vision », juge, quant à lui, Jean-Christophe Fromantin, maire de Neuilly-sur-Seine, qui pousse, comme ses deux collègues les thèmes de la bureaucratie et de la civilisation, celui de la décentralisation.

Éric Ciotti, identifi é comme le “monsieur Sécurité” des LR, assume son jeu, qui séduira l’électorat Fillon fi dèle aux fondamentaux de la droite, pense-t-il. David Lisnard aussi, mais promet de dévoiler le sien progressivement, en se démarquant par sa capacité à « faire », dans une « radicalité raisonnable »« Quel que soit le projet, il faudra repartir du local, alors que les maires sont les seuls acteurs de confi ance », proclame Fromantin. Message reçu par l’ancien adjoint au maire et le premier édile. Les cartes sont entre leurs mains.

Les transactions en bitcoins « s’apparentent à du troc », selon le gouverneur de la Banque du Mexique

Le gouverneur Díaz de León a déclaré que Bitcoin ressemble à « une dimension de métaux précieux » par rapport à la monnaie fiduciaire de la banque centrale.

Le gouverneur de la Banque du Mexique, Alejandro Díaz de León, a rejeté la position de Bitcoin ( BTC ) en tant que cours légal fiable, citant la volatilité des prix comme un obstacle majeur à l’adoption à part entière. 

Le gouverneur Díaz de León a déclaré dans une interview à Reuters que la position de Bitcoin dans le système financier actuel ressemble à « une dimension de métaux précieux » par rapport à la monnaie fiduciaire de la banque centrale.

Contrairement à l’adoption traditionnelle du Bitcoin par El Salvador qui oblige les entreprises à accepter les paiements en Bitcoin , le chef de la banque centrale du Mexique a remis en question la position de Bitcoin en tant que monnaie légale viable :« Quiconque reçoit du bitcoin en échange d’un bien ou d’un service, nous pensons que (la transaction) s’apparente davantage à du troc, car cette personne échange un bien contre un bien, mais pas vraiment de l’argent contre un bien. »

Díaz de León a également souligné le risque inhérent de volatilité quotidienne des prix lorsqu’il s’agit de crypto-monnaies. Par coïncidence, le gouvernement salvadorien a été témoin de ce risque un jour seulement après avoir reconnu Bitcoin comme monnaie légale et acheté ses 200 premiers BTC d’une valeur de 10,4 millions de dollars au moment de l’achat.

Profitant de la situation, le président salvadorien Nayib Bukele a annoncé l’ achat de plus de Bitcoin pendant la baisse , résultant en une détention totale de 550 BTC. Selon le président Bukele, cette décision a permis à son administration d’économiser « un million de papiers imprimés ».

Le gouverneur de la banque centrale du Mexique a souligné le besoin de fiabilité en termes d’exécution des paiements et de valeur en déclarant que « les gens ne voudront pas que leur pouvoir d’achat, leur salaire augmente ou baisse de 10 % d’un jour à l’autre. Vous ne voulez pas de cette volatilité pour le pouvoir d’achat. En ce sens, ce n’est pas une bonne sauvegarde de la valeur.

Connexes: le Mexique ne suit peut-être pas l’exemple d’El Salvador sur Bitcoin… pour le moment

Comme Cointelegraph l’a rapporté le 28 juin, les autorités du ministère mexicain des Finances ont émis un avertissement contre les offres institutionnelles liées aux monnaies numériques, soulignant les risques liés aux paiements et aux fluctuations de valeur.

Les régulateurs ont également déclaré qu’aucune institution financière du pays n’est autorisée « à effectuer et à proposer au public des opérations avec des actifs virtuels », notamment Bitcoin, Ether ( ETH ) et XRP .

Incurie, clientélisme, communautarisme… Enquête et révélations sur le maire (déchu) de Trappes Ali Rabeh

L’édile de gauche de cette ville des Yvelines, dont l’élection vient d’être invalidée par le Conseil d’Etat, est à nouveau candidat malgré sa gestion accablante. Portrait interdit.Par Amaury BreletPublié le 2 septembre 2021 à 19h57 Mis à jour le 7 septembre 2021 à 8h43

Ali Rabeh, maire déchu de Trappes. Photo @ SADAK SOUICI/LE PICTORIUM/MAXPPPartager cet article surFacebookTwitterLinkedIn

Allô ? Silence radio. « Il est en vacances. » A la mairie, Ali Rabeh est introuvable. Il faut dire que son élection vient d’être annulée définitivement, ce 18 août, par le Conseil d’Etat, qui a jugé illégales les « actions de propagande » menées entre les deux tours, durant tout le printemps 2020, par le candidat de gauche et son association Cœur de Trappes, à défaut de le rendre inéligible. « Dans notre pays on peut tricher et recommencer », déplore Othman Nasrou, le candidat de droite et vice-président de la région Ile-de-France à l’origine de la procédure, mais au moins « la tricherie est établie par la justice ». Parmi ses manquements aux règles du code électoral, Rabeh avait distribué 15 000 masques, des colis alimentaires et des kits pédagogiques, accompagnés pour une partie d’entre eux de sa photo, des actions en outre non déclarées dans ses comptes de campagne. Ces irrégularités sont de nature, compte tenu de l’écart de 161 voix entre les deux listes, à avoir « altéré la sincérité du scrutin », a conclu la plus haute juridiction administrative du pays. Un an plus tard, le bilan est lourd d’enseignements.

Plus d’une trentaine d’élus, de cadres et d’employés municipaux de cette ville sensible des Yvelines ont raconté à Valeurs actuelles les coulisses d’un mandat chaotique et ses dérives scandaleuses. « S’il vous plaît, ne mettez pas mon nom ou il va me coller un procès. C’est sa spécialité. » La supplique, répétée en boucle, en dit long sur le climat de terreur qui règne à Trappes. « Les gens ont peur des représailles et ne veulent pas parler », susurre un élu de la majorité. Car le passage d’Ali Rabeh a laissé des plaies béantes et douloureuses. « Je suis une électrice de gauche et je suis sidérée par le niveau d’incurie, de clientélisme et de communautarisme de cette équipe politique, confie une cadre. Avoir voté pour des gens comme ça, je suis écœurée, je me sens trahie, ce qu’on vit est hallucinant. » Depuis son élection, le maire a augmenté son indemnité de 30%, fait voter une subvention de 4 500 euros à son association, accueilli « avec plaisir » la militante racialiste Assa Traoré, affrété un car pour transporter des jeunes à une manifestation anti-flics et même accablé le professeur Didier Lemaire et « ses mensonges » avant de s’introduire dans son lycée pour distribuer des tracts.

Du reste, Ali Rabeh est allé à bonne école, celle du MJS, le mouvement des jeunes socialistes, cette « école du vice », dixit François Mitterrand. Engagé depuis l’accession de Jean-Marie Le Pen au second tour de la présidentielle en 2002 et passé aussi par l’UNEF, ce fils d’ouvrier marocain et ex-groupie d’Arlette Laguiller n’est même pas « un enfant de Trappes » comme il le suggère dans les médias. Né à Poissy, non loin de là, le politicien de 36 ans est surtout un pur produit de la machine socialiste qui sévit dans l’ombre de son mentor Benoît Hamon et de son parti Génération.s. « Il a été viré de partout », rappelle un ponte LR du département, « de l’Assemblée, où il a foutu le bordel avec les autres assistants parlementaires, du ministère de l’Education nationale et même de Poissy à cause de ses coups tordus. » Là-bas, le conseiller municipal, coincé un jour dans un quartier par des habitants en colère, a été sauvé du lynchage par le maire PS d’alors Frédérik Bernard, qui a fini par le débarquer. Aujourd’hui encore, le retraité préfère « oublier cet épisode trop pénible » et « tourner la page », glisse un proche.

Des cas suspects de « népotisme » et de « favoritisme »

Pas de quoi réfréner Ali Rabeh. Du jour au lendemain, il rebondissait à Trappes pour en faire son tremplin politique et devenait en 2014 adjoint à la Jeunesse et aux Sports, puis maire (élu avec 40,4% des voix et 61,7% d’abstention) en trahissant son… « ami » Guy Malandain, élu depuis 20 ans et soutenu par LREM et le PS. Dès lors, les avertissements n’ont pas manqué. A la sortie du premier comité de direction, des participants ont lâché : « Ouh là là, grand malade, il faut partir tout de suite », « tous les voyants sont au rouge », « ce type est taré ». En mars dernier, la CFE-CGC tirait aussi la sonnette d’alarme dans un courrier adressé au maire, évoquant « une charge de travail insoutenable », « un sentiment de maltraitance et d’autoritarisme » et « une politisation de l’appareil ». Contacté, le syndicat n’a pas souhaité s’exprimer. Le même jour, un des deux élus démissionnaires de la majorité partageait dans une lettre, que nous nous sommes procuré, sa « désillusion », citant « un manque de communication et de considération », des « échanges de plus en plus agressifs » et « des humiliations répétées envers les opposants » en conseil municipal. Un départ qui lui a valu des insultes de son camp, comme « lâche » et « traître ». En privé, des élus et agents dénoncent désormais des cas de « népotisme » et de « favoritisme ».

En cause, notamment, des postes de chargés de mission rattachés à la direction générale et créés depuis l’élection en juillet 2020, sans publication des recrutements et transparence sur les rémunérations. Parmi ces embauches opérées en toute opacité figure une militante du groupe « Pour que Trappes Respire » et soutien actif de la campagne d’Ali Rabeh, nommée chargée de mission « Projet et qualité de l’offre numérique ». Mais aussi Alain Degois, dit « Papy », fondateur de la compagnie Déclic théâtre et « découvreur » de Djamel Debbouze. Président du comité de soutien d’Ali Rabeh, il a été bombardé chargé de mission « Engagement citoyen » et jouit depuis des largesses gracieuses de la ville pour organiser ses activités culturelles. « Il y a une confusion totale entre les moyens de la Ville et sa carrière personnelle, grince un cadre. Ses artistes squattent les locaux municipaux dans tous les sens, par contre on fait des notes disciplinaires à des cadres qui oublient de passer une convention avec une association de tricot dans un centre social. » Au cours de la campagne, le célèbre comédien avait lui aussi appuyé le candidat de gauche en promouvant Cœur de Trappes sur les réseaux sociaux. « Rabeh a supplié Degois pour que Djamel Debbouze lui fasse de la pub pour son association afin de pouvoir gagner les élections », assure une source municipale. Depuis, la rumeur bruisse que l’humoriste aurait signé « un gros chèque » à l’organisation du maire.

Et puis, il y a Nahida Aoustin. Cette animatrice et colistière d’Ali Rabeh a démissionné de son poste d’élue pour être catapultée à seulement 26 ans chargée de mission « Ville inclusive » en détachement de la fonction publique d’Etat. « C’est sa petite protégée, elle est très influente. Elle est son oreille et son œil, elle régente tout, elle gère presque la mairie », affirme un adjoint. « Elle n’est pas membre de son cabinet, mais elle est sa directrice de cabinet officieuse et son bureau est situé à côté de celui du maire au 3e étage, précise un conseiller municipal de la majorité. C’est de la magouille. Elle est payée par la collectivité, pas par le cabinet. Elle devrait travailler sous les ordres de son directeur général de service. C’est chaud. » Rien d’étonnant, donc, à ce que des élus et agents suspectent un possible « détournement de fonds publics ». Et comme les autres, elle a été recrutée à un poste pour lequel aucune procédure n’a été diffusée en interne, et comme les autres elle est payée comme un cadre supérieur avec 15 ans de carrière, « un poste coté de manière délirante », précise un cadre.

« Ali Delon »

Autant dire que cette ascension fulgurante et contestée a fait jaser en interne. De nombreux agents déplorent d’ailleurs les « traitements de faveur », « passe-droits » et autres promotions express, parfois sans diplômes, ni compétences, ni expérience, dont profitent certains dans le sillage d’Ali Rabeh et de son élection. « Nahida Aoustin est un pilier de son équipe, elle joue un rôle fondamental dans sa machine politique. Elle est dans les services mais joue un rôle politique », souligne Othman Nasrou. Et elle est partout. Le jour du second tour, elle démarchait des électeurs en toute illégalité. Elle a même accompagné le maire à l’audience du Conseil d’Etat. En revanche, son nom a disparu d’un rapport concernant un agent d’accueil du service des sports, révoqué pour avoir laissé des jeunes fumer du cannabis dans le gymnase Youri Gagarine de la ville en plein confinement et où se trouvaient aussi des… membres de sa famille, « pour ne pas mouiller la chouchoute du maire », précise une source municipale. « Tu vas servir d’exemple », s’est, lui, vu répondre Salim (le prénom a été changé), le gardien bouc émissaire de 42 ans, marié et père de trois enfants. « Une employée des ressources humaines a été très choquée par ce piège, car cet agent a toujours eu d’excellentes évaluations, relate une collègue. Le seul but était de protéger la réputation de Nahida Aoustin. » Dans le même temps, la jeune chargée de mission n’a pas craint de pistonner un autre membre de sa famille au service des sports.

Crise sanitaire oblige, certains personnels bénéficient aussi du télétravail quand d’autres en sont bannis, comme cette salariée privilégiée des services techniques de 50 ans. « Elle se vante d’être intouchable parce qu’elle est marocaine », s’agace un agent. « Le maire est revenu sur des accords de télétravail pour des cadres supérieurs, en contradiction avec les consignes ministérielles, pour mieux pouvoir les contrôler », ajoute un autre. « Le statut à vie des fonctionnaires justifie une disponibilité et un engagement sans failles », a d’ailleurs exigé Rabeh devant ses troupes. Ou dans sa version plus pernicieuse : « Toute ma confiance vous est acquise, il ne tient qu’à vous de me démontrer que vous en êtes digne. » Autre curieuse coïncidence, la directrice adjointe au développement économique a découvert sur Linkedin que sa candidature à la tête du service avait été refusée au profit d’une amie d’Ali Rabeh. Et que dire de ce proche de « Papy » Degois et ancien délégué général de l’association Trophée d’impro culture et diversité, propulsé « conseiller technique » au cabinet du maire. Lui, par contre, n’a pas duré longtemps. « Il était le seul à pouvoir dire la vérité au maire, il était courageux mais il n’a pas supporté sa personnalité », explique un élu de la majorité. Parti en cours d’année, le saltimbanque a rejoint la mairie de Carpentras, à 600 kilomètres de là.

Car le comportement du maire est aussi directement mis en cause. « Il est fâché avec tout le monde, la Région, le Département, la moitié des ministères, se désole un cadre. C’est un terroriste de la pensée qui ne sert qu’un projet, le sien. Il est totalement mégalo. » Un élu LR confirme : « Il met sa photo partout, comme dans les régimes soviétiques. » Et puis, il parle de lui à la troisième personne au point d’avoir hérité du sobriquet « Ali Delon ». Un jour, il est arrivé par surprise à la Merise, la halle culturelle de la ville, et a lancé à l’agent d’accueil : « Oui, le maire ne prévient pas quand il vient sur des équipements. » L’employé ne s’est pas démonté : « Oui, bah l’agent est d’accord. » Rabeh n’a pas goûté l’humour. Pire, « il est d’une violence inouïe dans ses propos », poursuit le cadre. « Il est tout le temps dans l’affrontement, il rabaisse les gens, témoigne une élue d’opposition. En réunion, il fait exprès de discuter avec son voisin pendant que les autres parlent, il coupe la parole sans arrêt, y compris celle de ses adjoints. C’est un monologue. Une incontinence parolière. » Un élu de la majorité acquiesce : « On n’a jamais eu de conseil municipal apaisé, jamais. Chaque fois, il commençait par des attaques. Ce manque de respect envers ses opposants, les aînés et les femmes est choquant. » Comme lorsqu’il a lancé, moqueur, à Mustapha Larbaoui, président d’honneur du club de football et colistier d’Othman Nasrou : « Il faut se calmer, allez prendre vos cachets. » Ou quand il a dit à une élue qu’elle était « impertinente » parce qu’elle posait trop de questions.

Un « voyou » et un « psychopathe »

Evidemment, les personnels municipaux ne sont pas épargnés, bien au contraire. « Il menaçait les gens régulièrement, en tête à tête, en réunion, y compris les nouveaux venus », se souvient un ancien cadre poussé vers la sortie. Florilège : « Il n’y a qu’un seul chef, c’est moi », « Si vous n’êtes pas d’accord, vous quittez la fonction publique », « Vous me devez obéissance », « Vous n’avez pas le droit de parler, le seul à parler ici, c’est moi », « On ne vous a pas sonnée, si vous n’êtes pas contente, vous sortez ». Chaque fois, ses victimes baissaient la tête et se taisaient. « Des gens pleuraient, se mettaient en arrêt maladie. Trois collègues sont venus pleurer dans mes bras. Voir des mecs de 50 ans, plus vieux que vous, pleurer dans vos bras, ça fait bizarre, poursuit l’ex-employé. Un patron parle comme ça dans le privé, c’est les prud’hommes direct. » Une fois, Ali Rabeh a même hurlé sur des agents : « Je vais tous vous laminer ! » Et au dircom, il a lancé en le congédiant : « Il y a une place au cimetière, si vous voulez. » La blague n’a fait rire personne. Menaces, intimidations, harcèlement… Des femmes sont sorties de son bureau en pleurant. Au total, une quarantaine de cadres lessivés ont quitté la mairie depuis son élection. « L’administration est totalement cassée, se lamente un adjoint, dépité. C’est la politique de la terre brûlée. » En 2017, au cours de la campagne présidentielle, le chef de cabinet de Benoît Hamon déclarait en souriant à Libération : « Je tanne, je maltraite, je suis le tortionnaire. » A l’époque, le candidat PS répétait souvent « Keep cool » (« Reste cool ») à son lieutenant.

Même à gauche, le constat est accablant, devant témoins mais en privé seulement. « On sait bien qu’il est sulfureux », a reconnu l’ancienne patronne des Verts et conseillère régionale d’Ile-de-France Emmanuelle Cosse. « C’est un type dangereux », a lâché aussi l’ex-ministre et sénatrice PS des Yvelines Catherine Tasca. Le maire sortant Guy Malandain le qualifie enfin de « voyou » et de « psychopathe » ! Othman Nasrou peut en attester. « En 2014, le ton est monté dans un débat sur une radio locale, et à la sortie, il m’a empoigné et pris au col, raconte le conseiller d’opposition. C’est le personnage politique le plus brutal et dangereux que j’ai jamais vu. » En février dernier, le journaliste Jean-Marc Morandini regrettait à son tour « une forme d’intimidation quasiment physique » à la suite de son émission tournée à Trappes en présence d’Ali Rabeh. Depuis, le maire aurait carrément giflé sa première adjointe en pleine rue, entre leurs pavillons tout proches et sous les yeux de riverains effarés, au sujet d’un différend concernant les régionales. Contactée par nos soins, Sandrine Grandgambe dément, fustige « des bêtises et des mensonges » et défend son « ami » et patron.

« M. Rabeh est un fin politicien qui dirige par la peur et personne dans la majorité n’ose lui dire non. Il a un problème pathologique, une soif immodérée de pouvoir et il écrase tout le monde pour le préserver, affirme pourtant un élu de son camp. Il confond la république et la monarchie. Il se comporte comme un roi à Trappes et considère la ville comme son royaume. Mais le roi, il est au Maroc, pas en France. Sachant que Trappes est habitée par de nombreux Maghrébins et lui-même étant maghrébin d’origine, il se sait invincible et il en joue. Regardez : 30% de ses recrutements viennent du Maghreb et surtout du Maroc. C’est flagrant. C’est stratégique, il recrute des gens pour gonfler son électorat. Il a divisé la société, créé des communautés. Diviser pour régner. Les gens vont se révolter. Il y a une petite guerre civile en gestation à la mairie entre Maghrébins et Français de souche. C’est gravissime. » Le sujet tabou est en fait un secret de polichinelle. « On m’a forcé à embaucher des Marocains qui n’avaient pas les compétences parce que le maire avait dit que, certifie un ancien cadre, qui a vu passer aussi un nombre élevé de CV en provenance de Poissy, la ville d’origine d’Ali Rabeh. Même les Algériens sont rejetés. Il y a le clan des Marocains pistonnés et les autres. C’est les Marocains contre le reste du monde, comme dans les télé-réalités. »

CLASC, islam et prières illégales

Des personnels municipaux, souvent des femmes, s’en sont plaint d’ailleurs auprès d’élus : « On vient travailler la peur au ventre », « on ne se sent plus chez nous ». Plus incroyable encore, des employés musulmans prient durant leurs heures de travail dans des bureaux vides avec la complicité de deux syndicalistes musulmans de la CFDT, deux gardiens alliés du maire, promus responsables de manière arbitraire et dont l’un se trouve être un cousin par alliance de… Nahida Aoustin. Le monde est petit. « Ils ne se cachent même pas, explique un ancien cadre. M. Rabeh est au courant, c’est lui le chef de meute. » D’autres sources pensent au contraire que l’édile n’en savait rien. Selon nos informations, des employés prient aussi dans les vestiaires des gardiens du centre technique municipal (CTM), succursale de l’Hôtel de Ville, où travaille une centaine de personnes. « On m’a sorti de la pièce en disant qu’ils allaient prier. Ils ont tous leurs tapis de prière dans leurs casiers », détaille un ancien cadre, témoin de leurs agissements. Certains s’enferment même dans des toilettes municipales. « Ces employés de la CFDT ont pris la mairie en otage », désespère un collègue.

« On a à la CFDT un petit groupe de gens, et ça m’embête mais je suis bien obligée de le reconnaître, très religieux et qui ont pris la direction du CLASC, le comité local d’action sociale et culturelle, avoue un autre salarié. Ce sont des gens qui distillent des propos et des pratiques communautaristes, des musulmans un peu envahissants. » L’un d’eux, président du CLASC, en séance d’étude de dossiers d’aide sociale, a ainsi refusé de verser une aide à un salarié qui buvait trop d’alcool. « C’est typique, poursuit ce cadre toujours en poste. Et tous ceux qui critiquent sont traités de ‘bourgeois’, de ‘racistes’ ou de ‘fachos’ ». Déjà, au lendemain de son élection, Rabeh lui-même, « musulman pratiquant » revendiqué, avait mis la pression sur le personnel municipal pour organiser en juillet 2020, prétendument pour « raisons sanitaires », la grande fête de l’Aïd dans le stade de la ville, une première. Et « une priorité », précise un cadre impliqué. Au cours de la cérémonie, où 7 000 hommes et femmes presque toutes voilées étaient séparés, l’imam « remerciait » évidemment le maire et ses équipes pour leur soutien.

Malheureusement, tous ne peuvent pas compter sur la protection de l’édile de gauche. C’est le cas notamment de Sarah (le prénom a été modifié), ex-secrétaire du CLASC en arrêt maladie. « Son état est catastrophique, elle est complètement déprimée et en grande souffrance, confie une salariée. Ali Rabeh l’a ignorée malgré les tas de courriers qu’elle lui a envoyés », comme son prédécesseur Guy Malandain. Dans l’un d’eux, envoyé au maire juste après son élection en juillet 2020, l’ancienne secrétaire, syndiquée aussi à la CFDT, évoquait le « harcèlement moral » du président du CLASC « qui a abouti […] à ce que les médecins ont qualifié de burn-out professionnel », « un processus dégradant, déstabilisant, humiliant et destructeur psychologiquement » et même son « chantage » si elle contactait le service des ressources humaines. « Il s’est servi d’elle pour le besoin des élections professionnelles et du CLASC, puis il l’a harcelée et méprisée, éclaire une de ses collègues, attristée. Ils l’ont dégagée comme une malpropre. C’est un gros dossier. Toute la mairie est au courant. » A défaut d’être ennuyé, le patron musulman rigoriste et intouchable du CLASC, proche de Rabeh, a été rebaptisé « le Tariq Ramadan de la mairie » par des employés municipaux. Quant à sa malencontreuse victime, elle a été remplacée par une employée maghrébine.

Quand communautarisme rime avec clientélisme

A Trappes, communautarisme rime avec clientélisme. Et à ce jeu-là, Ali Rabeh bat des records. « Il déchaîne les passions chez les associations, il a sa clientèle et ses ennemis », souligne un agent. « Il promet tout et n’importe quoi à tout le monde. Mais au final, ce sont surtout ses amis et ses soutiens qui touchent des subventions. C’est incroyable », enrage ce président maghrébin d’association. Les organisations de la communauté musulmane sont choyées, y compris les plus douteuses, dans cette ville à 60-70% islamique, gangrenée par la radicalisation et d’où 67 jeunes sont partis au djihad, record de France. Dans les radars des services, l’association Fodol, dirigée par un soutien du maire et ex-président salafiste de l’Union des musulmans de Trappes (UMT), qui abrite la mosquée tendance Frères musulmans, a « un petit côté BarakaCity », murmure un élu de droite en citant l’ONG islamiste dissoute et « aimée » par Nahida Aoustin sur Facebook. « Ali Rabeh se prend pour un apôtre de la laïcité mais il instrumentalise les musulmans et pratique un double discours », tance un collègue LR. « M. Rabeh est devenu un fervent musulman depuis son élection, renchérit un élu de gauche. Il drague les musulmans qui représentent un électorat important. Je le regrette. »

En fait, Ali Rabeh ne fait là que marcher dans les pas de son modèle Benoît Hamon. Fin 2014, le député socialiste des Yvelines signait un projet de résolution pour la reconnaissance d’un État palestinien. « Cette résolution est conforme à ce que nous avons toujours défendu. Elle est, d’autre part, tout à fait opportune sur le plan électoral, expliquait à l’époque avec cynisme le conseiller municipal de Trappes dans des propos rapportés par Le Canard Enchaîné et démentis par l’intéressé. Il s’agit du meilleur moyen pour récupérer notre électorat des banlieues et des quartiers, qui n’a pas compris la première prise de position pro-israélienne de Hollande, et qui nous a quitté au moment de la guerre à Gaza. » Depuis, une motion de soutien aux Ouïghours, ces musulmans réprimés par le régime chinois, a été adoptée en début d’année à l’initiative de la ville. Dans un autre genre, un logement a été attribué à une habitante de Poissy arrivée depuis huit mois et recommandée par son frère au détriment de Trappistes en attente depuis des années. « Si on me demande de sauter par la fenêtre du 6e étage pour Monsieur Rabeh, je le ferais », a-t-elle avoué à un élu, reconnaissante. En revanche, la mairie a fait réintégrer sur le marché des Merisiers un boucher repris de justice, qui avait exploité des clandestins et blessé au hachoir son apprenti, au détriment d’un commerçant non trappiste. « Les collègues étaient estomaqués, se souvient un cadre. Et c’est que des plans comme ça. »

Aux frontières de la loi

A l’opposé, Ali Rabeh livre une guérilla idéologique sans merci à tous ses adversaires, de droite comme de gauche. « Il a fait le ménage et politise tout. Le dialogue, l’écoute et le débat sont impossibles pour lui, c’est la planète Mars. Tous ceux qui ne sont pas avec lui sont contre lui et tous ceux qui ne pensent pas comme lui sont des fachos, résume une employée qui a pourtant voté pour son parti Génération.s. « Je suis élu à Trappes depuis sept ans et jamais je n’avais été traité d’islamophobe jusqu’à l’arrivée de M. Rabeh », remarque Othman Nasrou, d’origine marocaine aussi. Lors de l’affaire Lemaire, des proches du maire ont même qualifié le professeur de « fasciste » en privé ! « Ce sectarisme est insupportable. C’est un pompier pyromane », s’insurge un ponte LR. « Une racaille en costume », persifle un bonze PS. Un jour, « il a voulu licencier une fonctionnaire uniquement parce qu’elle avait travaillé avec le directeur de cabinet de Malandain, se remémore une élue. Même à Moscou, ça ne se fait pas ! » Depuis son élection, Ali Rabeh a lancé une vingtaine de procédures judiciaires contre ses critiques, d’Eric Zemmour à Jordan Bardella en passant par Le Point, le tout financé par le contribuable grâce à la protection fonctionnelle pour près de 100 000 euros. Du jamais vu à Trappes. « Il a un grand art, il sait manier la communication, mais c’est à peu près tout. Tout tourne autour de lui. C’est un pervers narcissique, décrit Stéphane Dumouchy, syndicaliste à la Poste, ancien militant PS et ex-conseiller municipal apparenté LR. Il est populaire chez les jeunes et rêve d’être une vedette politique issue des banlieues. Je ne comprends pas que certains à gauche le soutiennent encore ? Ça me scandalise. Même les communistes sont divisés… »

Ce sectarisme, Ali Rabeh en a fait une marque de fabrique, y compris dans sa politique. « Il déteste la culture élitiste et tout ce qui représente l’excellence classique française, enfonce un cadre, consterné par sa vision dogmatique. La ville est très centrée sur elle-même et souffre d’un vrai problème d’enfermement, et lui met de l’eau au moulin de cette culture du repli sur soi au lieu de désenclaver les poches d’immigration et d’acculturation. » Dans tous les domaines, il interrompt aussi les projets de son prédécesseur. A force de promesses irréalistes, il s’est mis notamment les bailleurs à dos. « Comment peut-on bloquer du jour au lendemain des projets d’intérêt public, avec subventions de l’Etat à la clef, simplement parce qu’ils ont été conçus par l’équipe sortante ? se demande encore cet élu de la majorité, effondré. Sur le plan financier, c’est une catastrophe, on fait payer à la ville une double dette parce qu’il faut tout recommencer. L’enfouissement de la RN10 se fait parce que c’est l’Etat qui en est le maître d’ouvrage, sinon il l’aurait bloqué aussi, poursuit-il, à propos de ce chantier pharaonique à 95 millions d’euros. Monsieur veut que tout soit fait en son honneur. C’est du pur calcul politique. Des caprices. La population ne sait pas ce qui se passe, elle voit passer des petits projets populistes et pense que tout va bien, mais c’est faux. » La mairie a bien rétabli la semaine de quatre jours à la maternelle et à l’école primaire, à la place des quatre jours et demi décrétés par Malandain et défendus par Hamon, ministre de l’Education en 2014 et dont le conseiller spécial s’appelait Rabeh.

Sans scrupules, l’Hôtel de Ville et des personnels municipaux n’hésitent pas non plus parfois à franchir en pratique la ligne jaune. Un proche d’Ali Rabeh a ainsi commis une usurpation d’identité auprès d’une journaliste pour la faire parler sur ses sources en interne et les identifier. « Il voulait absolument avoir des noms, savoir qui parmi le personnel de la Ville avait parlé à la presse », confie un cadre. Une adjointe de confession musulmane a pris aussi l’habitude de visiter par surprise la cantine scolaire de ses enfants pour vérifier ce qu’ils y mangent et sermonner les employés, qui l’ont surnommée depuis « la dictatrice ». Plus grave encore, plusieurs agents ont des casiers judiciaires ou sont liés au trafic de stupéfiants, comme ces deux femmes d’origine maghrébine et animatrices au service enfance, qui consomment de la drogue, en vendent à des collègues, se prévalent de la protection du maire et menacent même les « toubabs » (Européens, blancs) qui se risqueraient à les balancer. « Les malversations ou autres mauvais comportements d’élus n’ont pas commencé sous l’ère Ali Rabeh. Oui, à la mairie de Trappes des fonctionnaires sont maintenus en poste, voire promus malgré des condamnations judiciaires ou leurs pratiques, certains apparaissant dans des affaires de deal de drogue », confirme l’association SOS Fonctionnaires Victimes, qui précise n’avoir rien contre Rabeh spécifiquement, mais avoir eu à défendre des dossiers contre la municipalité ayant pris le parti de fonctionnaires pourtant condamnés par la justice au détriment d’agents innocents. Enfin, l’édile a fait appel à la police municipale pour remettre à leur domicile des « courriers de réquisition » à des élus d’opposition pour tenir des bureaux de vote alors qu’ils étaient disposés à le faire ou s’étaient proposé.

Le « problème » Brot

Comble de l’hypocrisie, Ali Rabeh a même sanctionné des animateurs, qui avaient organisé une fête d’anniversaire dans un centre de loisirs en violation des règles sanitaires, après avoir célébré le sien avec une trentaine de convives au… 3e étage de la mairie, le 17 décembre au soir ! « Je précise que le gâteau était succulent », ironisait dans son courrier l’un des deux élus démissionnaires de la majorité, châtié aussi. Le lendemain, c’était Nahida Aoustin, « la petite protégée » du maire, qui soufflait ses bougies. « Pour ces deux événements, les conditions étaient similaires aux faits qui me sont reprochés, soit sans distanciation sociale et en nombre important de personnes, relevait le conseiller municipal. A partir de ce moment, je souhaite que nous soyons d’accord sur les actes irresponsables de chaque personne présente lors de ces instances ». Quelques mois après l’élection, un architecte d’intérieur déambulait aussi au 3e étage pour étudier un coûteux plan de réaménagement des bureaux du maire, avec open space, espace de coworking, cafétéria, etc. « Les services techniques parlaient d’un budget de 350 000 euros alors qu’on expliquait aux agents d’accueil qu’il n’y avait pas un rond pour les augmenter, éreinte un cadre. C’est vachement de gauche, ça. En fait, on cherche toujours l’homme de gauche chez Rabeh. » Un crèche réservée aux enfants des adjoints a même été envisagée, mais les projets n’ont jamais abouti.

Il y en a bien un qui s’accommode d’Ali Rabeh, c’est le préfet des Yvelines, Jean-Jacques Brot*, à en croire certains à droite. « Il est évident que le préfet a une préférence pour M. Rabeh. Il a multiplié les marques de bienveillance, y compris avant l’affaire Lemaire. Je ne sais pas pourquoi et ça m’étonne », affirme un élu local. « Brot a fait élire Rabeh, il lui a apporté le soutien, la caution, le crédit moral de l’Etat par ses actions, en lui offrant des masques, fulmine même un cacique LR. Ce type est une énigme et un problème. Il a donné raison publiquement à Rabeh et ses attaques contre Lemaire sont invraisemblables. » En février dernier, alors que le professeur décrivait Trappes comme une « ville tombée aux mains des islamistes » et racontait dans les médias son quotidien « sous escorte policière armée », le préfet se disait, lui, « inquiet » dans Le Monde de ses « outrances et de certaines inexactitudes », l’accusant même d’être « irresponsable » et de « mettre de l’huile sur le feu », en chœur alors avec les critiques d’Ali Rabeh, en « colère » face aux « mensonges » de l’enseignant qui « joue un jeu dangereux au nom de ses convictions politiques » pourtant ancrées à gauche. Selon nos informations, Gérald Darmanin n’a pas non plus apprécié la sortie maladroite du préfet et le lui a fait savoir. Sollicité, le ministère de l’Intérieur n’a pas souhaité commenter.

« Brot et Rabeh sont plutôt copains, mais ce préfet est très politique, indique une source municipale, en revanche les relations avec la préfecture sont compliquées, les policiers ne peuvent plus encadrer l’équipe Rabeh, il est infernal. » Il a notamment demandé au préfet de « virer » des indésirables à la préfecture. « Il fait ricaner tous les cadres là-bas », ajoute-t-elle. « C’est un maire anti-flics. Il met des bâtons dans les roues de la police nationale, renchérit un policier. Il se mêle de tout, se défausse sur la police ou l’accuse de provocations tout en excusant les jeunes. Il se trompe d’adversaire. » Quant au préfet, « il est très éloigné du terrain. Il a fallu tirer la sonnette d’alarme plusieurs fois lors des confinements sur l’explosion des violences urbaines dans le département. » C’est lui aussi qui avait lourdé en 2019 Jean-Luc Taltavull, patron du renseignement territorial des Yvelines, un peu trop zélé dans sa lutte contre l’islam radical. Et lui encore, selon un enquêteur cité par Marianne, qui a réclamé l’an dernier au RT de surveiller les chrétiens évangélistes. Depuis, Le Canard enchaîné a rapporté que Jean-Yves Brot appuie même des organisations salafistes pour préserver la paix sociale. « Il est spécial, confirme une élue de gauche. Il a engueulé Malandain comme du poisson pourri parce qu’il avait pris un arrêté de couvre-feu pendant le confinement sans le prévenir, et il a traité la commissaire de ‘connasse’. Je n’avais jamais vu ça en 40 ans. » Dominique Lasserre-Cussigh, la dite cheffe d’agglomération « très compétente », a reçu aussi « des réflexions et des pressions » d’Ali Rabeh, indique un policier. « Maintenant, il ferait mieux de raser les murs. » Néanmoins, le préfet a tenu en interne à rassurer. « Détendez-vous, il n’y en a plus pour très longtemps, ça va passer, ne vous inquiétez pas », a-t-il déclaré en substance.

Le match retour

En attendant les nouveaux scrutins des 10 et 17 octobre prochains, les opposants à Rabeh, eux, s’inquiètent, y compris à gauche. « Je suis candidat pour poursuivre le travail engagé depuis un an », a d’ores et déjà prévenu le maire déchu. Angoisse. « La ville a été prise en otage par un apparatchik. On en vient tous à espérer qu’elle bascule à droite, soupire une cadre. Il se sert de la ville pour sa carrière personnelle, il a besoin de Trappes mais Trappes n’a pas besoin de lui, et on est nombreux à gauche à le penser. » Un SMS de soulagement « Ça y est, c’est fini ! » a même circulé parmi le personnel à l’annonce de l’annulation des élections. « Ali Rabeh a tordu le bras à des appareils nationaux pour décrocher des alliances et les étiquettes, alors que les militants locaux communistes et insoumis ne peuvent pas l’encadrer », indique une source municipale. « Rabeh et Hamon ne sont pas de gauche, ils ont trahi la gauche, ils sont malades d’eux-mêmes, comme Mélenchon, analyse une élue de gauche. Je suis inquiète, ça va être dur, c’est pas gagné. » Aux départementales, Ali Rabeh a récolté 69% des voix à Trappes grâce à une abstention massive. « Les gens ont été dupés, mais ce loustic est fichu de l’emporter. Il va falloir qu’on se remue le cul pour l’empêcher d’être réélu et sauver la ville. Il faudrait une liste de salut public, espère une ancienne élue PS. S’il est élu, je me poserais la question de déménager, franchement. » Une liste d’union a en effet été évoquée en coulisses mais n’a toujours pas abouti à ce jour.

« Il se sent fort parce qu’il a tous les Maghrébins avec lui et il pense être réélu. Trappes est une ville multiculturelle où les gens ont toujours vécu en très bonne intelligence, mais on sent aujourd’hui une tension latente qui ne tardera pas à exploser, redoute un élu de la majorité. On fait partir des Français de souche pour les remplacer par des Maghrébins, je ne comprends pas. Moi, ça me fait peur. Il faut faire gaffe, c’est maintenant qu’il faut arrêter ça. Quel que soit le futur maire, ce sera salutaire. Et si par malheur il réussit à gagner, et il peut gagner, ce serait vraiment dommage pour la ville. En tout cas, je ne repartirai pas avec lui. » Un ancien cadre craint aussi la suite : « S’il repasse, ça va empirer, ils vont faire le vide pour que plus personne ne parle. » Idem chez LR. « En un an, il a fait tellement de conneries, beaucoup d’habitants sont déçus, observe un élu. C’est un diviseur professionnel alors qu’il faut un rassembleur. Il faut protéger les Trappistes de cet aventurier islamogauchiste. S’il était réélu, ce serait un drame. » Annoncé à une conférence, intitulée « Après la marche des libertés, comment faire reculer les idées d’extrême-droite ? », lors des journées d’été de La France insoumise (Amfis), fin août, Ali Rabeh a préféré s’absenter pour être remplacé par Thomas Portes, porte-parole… de Génération.s, aux côtés de la crème d’extrême gauche, le député LFI Eric Coquerel, le militant Taha Bouhafs, la présidente de l’UNEF Mélanie Luce et la responsable nationale de la CGT Marie Buisson.

A droite, Othman Nasrou, conseiller municipal et candidat Libres !, soutenu par Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France, est aussi sur les rangs. « Le choix est clair : poursuivre avec le clientélisme de M. Rabeh ou donner à Trappes un autre avenir, annonce-t-il. Ça nous promet une élection partielle très violente. Ça sera difficile mais tout est possible. » A gauche, même Guy Malandain a « très envie de repartir » et de « lancer la bataille » contre son successeur honni. « C’est un monsieur carriériste et rien ne l’arrête. Il n’a pas de limites dans sa prétention d’avenir, tout est bon, au détriment de Trappes, c’est pour ça qu’on prépare la contre-attaque démocratique, confie l’ancien maire et conseiller municipal de 83 ans. Je ne resterai pas silencieux. Peut-être est-ce de l’orgueil de ma part mais vu le boulot que j’ai fait depuis 20 ans, je ne peux pas laisser démolir tout ça dans la démagogie. » Encore faudrait-il que l’union l’emporte enfin sur les divisions. Le 3 février dernier, au lendemain du jugement du tribunal administratif qui l’accablait, « en quelque sorte la 1ere mi-temps du match judiciaire », Ali Rabeh* osait « une comparaison sportive » pour expliquer sa défaite dans un courriel adressé aux agents municipaux. « Un but a été marqué par mes opposants, mais la 2e mi-temps commence à peine. C’est à la fin du match que l’arbitre, le Conseil d’Etat, dira qui est le vainqueur, écrivait le fan de football et supporter du Paris-Saint-Germain. J’attends sereinement cette décision qui, j’en suis certain, me sera favorable. » Résultat : Démocratie 1 – Rabeh 0.

*Contactés par Valeurs actuelles, Jean-Jacques Brot Ali Rabeh n’a jamais répondu à nos messages.

l’As des As

Un As Des As ,du monument du cinéma Français est parti tel qu’un enfant d’itinéraire gâté digne d’un professionnel , incorrigible , le magnifique casse cou , il était à bout de souffle .