URGENT – Nouveau coup de tonnerre dans la Présidentielle : Eric Zemmour grimpe à 15% dans les intentions de vote et passe devant Xavier Bertrand pour la première fois et se trouve à 1% de Marine Le Pen

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Dans notre sondage Ipsos Sopra-Steria en partenariat entre le Parisien et France Info, Emmanuel Macron arrive en tête autour de 25%, suivi de Marine Le Pen (autour de 16%). Eric Zemmour la talonne à 15%. La droite arrive derrière : Xavier Bertrand (14%), Valérie Pécresse (12%), Michel Barnier (11%).

Avec 15 % des intentions de vote, l’essayiste devance pour la première fois le candidat LR quel qu’il soit (Xavier Bertrand, Valérie Pécresse ou Michel Barnier) et talonne Marine Le Pen, créditée de 16 %. En clair, si l’élection présidentielle avait lieu dimanche et compte tenu des marges d’erreur, Zemmour serait au bord de la qualification au second tour face à Emmanuel Macron — qui lui reste stable sur son socle de 24 à 27 %.

La candidature du polémiste ne change rien pour les candidats de gauche : le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon est donné à 9%, à égalité avec l’écologiste Yannick Jadot (qui passe à 9,5% si Michel Barnier est le candidat de la droite), et la socialiste Anne Hidalgo obtient 5,5%, quels que soient les autres candidats.

Ces chiffres ne changent pas ou quasiment pas si Éric Zemmour est candidat.

On note que ces trois candidats de gauche obtiennent au total 23,5% des intentions de vote. Si la gauche s’unissait et si Éric Zemmour était candidat, elle pourrait donc se qualifier pour le second tour de la présidentielle face à Emmanuel Macron.

Le sondage Ipsos-Sopra Steria pour franceinfo et « Le Parisien/Aujourd’hui en France » a été réalisé sur internet les 29 et 30 septembre 2021 sur un échantillon de 1 500 personnes inscrites sur les listes électorales représentatives de la population française majeure.

Comment Zemmour le journaliste s’est métamorphosé en Zemmour le quasi-candidat

Avec La France n’a pas dit son dernier mot, son nouvel essai, Éric Zemmour s’installe encore davantage comme un acteur central du débat public. Hier journaliste, celui qui inspirait nombre de politiques serait-il devenu leur principal concurrent ? Récit d’une mutation.Par Raphaël StainvillePublié le 30 septembre 2021 à 18h00

Eric zemmour, Jean Messiha et Philippe de Villiers à la manifestation des policiers du 19 mai 2021. Photo © MEIGNEUX / SIPA

Pour saisir au plus près l’homme qu’il est devenu, cet « acteur central du débat politique national », ainsi que devait le qualifier le CSA pour justifier sa décision de comptabiliser désormais le temps de parole d’Éric Zemmour et d’inventer pour lui l’étiquette de présumé candidat, il est nécessaire de pratiquer une certaine forme d’archéologie politique. En d’autres termes, de remonter le temps, à un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître.

Éric Zemmour n’a pas encore son rond de serviette à la télévision, il ne fait pas le bonheur de Laurent Ruquier le samedi soir, pas plus qu’il n’affole les audiences. Il n’a pas davantage d’émission à sa main sur CNews. Il ne porte pas encore de costume sombre, ni même de cravate sage. Il se fout de sa mise comme de sa première chemise. Il n’a pas encore l’idée de s’inviter dans les manifestations de policiers pour goûter à sa popularité et défier Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur. Il n’est pas considéré comme un politique et se défend encore de l’être.

C’est un simple journaliste. Un plumitif qui traîne encore un air d’adolescent que l’on aurait tiré trop tôt de son lit. Il a les cheveux en bataille. Des lunettes XXL lui barrent les yeux. Aux côtés de Bernard Stasi, le vice-président du Centre des démocrates sociaux, Éric Zemmour, emmitouflé dans une grosse écharpe en laine, déambule, un sourire canaille aux lèvres, dans les travées du parc des expositions de Villepinte, carnet de notes et crayon à la main. Le centriste est alors le seul, au nom des siens, à s’être élevé contre ce qui fait alors consensus à droite : l’arrêt de l’immigration.

Il pressent que Chiracgouvernera au centre et préférera la respectabilité et l’onction des médias aux manières fortes qu’il préconisait pour séduire les classes populaires du RPR

Éric Zemmour a 32 ans. Il est journaliste politique depuis peu, mais le rubricard du Quotidien de Paris a compris avant tous ses confrères que ni Jacques Chirac, ni Alain Juppé, ni Jacques Toubon qui se gorgent de mots et font assaut de mesures définitives et audacieuses à la tribune n’iraient jamais au bout de leur programme belliqueux. Nous sommes en avril 1990. Éric Zemmour apparaît furtivement à l’écran lors d’un reportage télévisé consacré aux assises de l’immigration. Il n’a pas encore écrit le Livre noir de la droite, mais il anticipe déjà la trahison de ses chefs. Jacques Chirac n’est pas encore installé à l’Élysée, mais déjà Éric Zemmour pressent qu’il gouvernera au centre et préférera la respectabilité et l’onction des médias aux manières fortes qu’il préconisait pour séduire les classes populaires du RPR.

Cette prescience, Éric Zemmour la doit à la proximité qu’il parvient à établir avec les hommes et les femmes qui font et défont la politique. « Je n’avais cure de l’info », admet-il aujourd’hui. « Je m’en suis toujours moqué », exagère-t-il même, comme oublieux qu’il fut à l’origine de quelques scoops retentissants. Dans l’Homme qui ne s’aimait pas, qu’il publie en 2002, le journaliste révèle que Jacques Chirac a rencontré secrètement Jean-Marie Le Pen entre les deux tours de l’élection présidentielle de 1988.

Éric Zemmour est devenu un familier de Montretout. Il ne fait pas mystère de ces visites quand ses confrères taisent fréquenter le domaine de Le Pen. Pour ce fan inconditionnel des Rolling Stones, qui confesse volontiers que sa chanson préférée est Sympathy for the Devil, souper avec le diable à des parfums de nectar.

Mais le plus souvent, plutôt que de traquer la petite phrase, de chasser le buzz, de s’enivrer de l’écume des choses, le journaliste a d’abord le souci de comprendre l’âme de celui qui lui fait face et de saisir les grands mouvements qui travaillent la France.

Ceux qui le côtoient alors se souviennent d’un jeune homme curieux de tout, pétillant d’intelligence. Julien Dray, qui partage avec Éric Zemmour le souvenir brûlant de leurs racines algériennes, l’initie « aux arabesques politiques, son art du billard à dix bandes ». Juju est bavard et ne manque pas une occasion de mettre en scène son savoir-faire d’agitateur public qui vaudra au fondateur de SOS Racisme le surnom de “baron noir”. Ils ne sont d’accord sur rien ou pas grand-chose, mais ils s’estiment suffisamment pour que leurs différences n’entachent pas la relation féconde qu’ils entretiennent.

Juju, Camba et Méluche

Éric Zemmour aime ces personnages conspirateurs, blanchis sous le harnais des cellules trotskistes et lambertistes. Jean-Christophe Cambadélis, Jean-Luc Mélenchon comptent parmi ceux qui longtemps ont discouru avec Éric Zemmour. « Il m’estimait à son niveau », s’amuse Camba. À l’occasion, ils usent de l’entregent du journaliste, dont ils connaissent l’influence et les réseaux, pour les introduire auprès d’autres cercles.

En 2008, le sénateur de l’Essonne, qui s’apprête à claquer la porte du Parti socialiste pour créer un nouveau parti de gauche s’aventure à demander à Zemmour de le présenter à Henri Guaino et Patrick Buisson qui sont devenus des piliers de l’Élysée. « Je devine, à quelques réflexions elliptiques, qu’il rêve de reconstituer la grande alliance gaullo-communiste, héritée de la guerre, qui domina la vie politique dans les années 1960 », écrit Éric Zemmour. Il conduit Mélenchon au restaurant de l’Institut du monde arabe, fait les présentations avec le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy et s’éclipse.

Au mois d’août de la même année, Éric Zemmour le reçoit encore à la Petite Malmaison, l’ancienne résidence de l’impératrice Joséphine, pour fêter son cinquantième anniversaire en grande pompe. Il y retrouve Juju et Camba, Guaino et Nicolas Domenach, qui est devenu son punching-ball préféré. Des jeunes gens en uniforme de grenadier de l’Empire accueillent les invités. Une bordée de canon est tirée. Le journaliste qui goûte aux trompettes de la renommée depuis que Laurent Ruquier lui a donné une place de choix « à son dîner de con », chaque samedi soir, sur France 2, s’enivre de la réussite de cette fête napoléonienne. Pour ses invités, déjà, Éric Zemmour a troqué ses habits de journaliste pour ceux de polémiste.

Zemmour, une marque plus puissante que le Figaro

Ils ne le regardent plus tout à fait de la même manière. Les Français aussi qui découvrent, à défaut de l’avoir lu, un animal cathodique. Ses prestations télévisées sont commentées à la machine à café. Zemmour n’est pas encore un homme politique, mais il est déjà une marque presque plus puissante que ses employeurs.

Le 25 mars 2010, le bruit court que la direction du Figaro a fait parvenir à Éric Zemmour une lettre recommandée pour un entretien préalable à un licenciement. En pleine promotion de son ouvrage Mélancolie française, vaste réflexion désenchantée sur l’histoire de France, Éric Zemmour est accusé d’avoir dérapé chez Ardisson. Le site Fdesouche, le premier, se fait l’écho de cette menace et mobilise bientôt tous les fans du journaliste. En quelques heures, plusieurs centaines de sympathisants d’Éric Zemmour se rassemblent devant le 14 boulevard Haussmann et ovationnent l’éditorialiste vedette du Figaro Magazine. Une banderole est déployée devant l’entrée principale du journal : “Faites Zemmour, pas la guerre”. Les enfants de Zemmour ne se privent pas du plaisir de détourner les slogans des anciens de Mai 68. Étienne Mougeotte est contraint de faire machine arrière.

Éric Zemmour le sait, il est sous surveillance. Sous surveillance des politiques. Sous surveillance des associations antiracistes. Sous surveillance des juges. Sous surveillance de ses confrères, qui jalousent ses succès et rêvent qu’on lui coupe le micro. La victoire de François Hollande, deux ans plus tard, le condamne à l’isolement. Le président socialiste est probablement le premier à le considérer comme un véritable opposant politique. Lui qui fut son professeur à Science Po et appréciait de pouvoir le retrouver à la terrasse du Café de Flore ne souffre pas l’idée de le recevoir au Palais. Mitterrand aimait à recevoir Jean d’Ormesson ; Hollande a affiché son mépris et son sectarisme.

La rupture est également consommée avec Jean-Luc Mélenchon. Elle sera officielle et théâtralisée en 2014 à l’occasion de la sortie du Suicide français« Avec le succès de ton livre, tu es devenu l’intellectuel organique de la droite. Je veux donc apparaître comme l’opposant principal de cette nouvelle droite que tu incarnes. Je te propose un débat entre nous. » Éric Zemmour accepte l’idée. Après tout, n’est-il pas devenu cette figure incontournable de ce que Patrick Buisson appellera alors la droite hors-les-murs ? De la droite tout court.

En octobre 2012, il n’est pas jusqu’à Xavier Bertrand qui ne sollicite ses conseils alors qu’ils déjeunent chez Thiou, un restaurant asiatique en vogue, situé près du quai d’Orsay. « Que proposerais-tu pour une campagne présidentielle en matière d’immigration qui fasse vraiment choc ? », l’interroge Bertrand. Et tandis que le conseiller de l’ombre déroule son programme, Xavier Bertrand ajoute : « Tu oublies toute la protection sociale, c’est le plus important : rétablir la préférence nationale pour toutes les mesures de solidarité comme les allocations familiales ou l’aide au logement. » À croire qu’Éric Zemmour a pris en otage le cerveau des dirigeants de l’UMP. Laurent Wauquiez prend des notes lorsqu’il reçoit l’essayiste, relevant jusqu’aux plus anodins de ses propos. Thierry Mariani écoute en boucle les podcasts de son ancienne émission de RTL qu’il a téléchargés sur son smartphone. « Il y a toujours des idées à reprendre », confessait-il à l’Express.

Quand Sens commun teste ses intentions

En février 2016, bien avant que Sens commun ne se décide à soutenir François Fillon lors de la primaire de la droite et du centre, c’est vers Éric Zemmour que ce mouvement conservateur se tourne « pour se débarrasser de Juppé et Sarkozy ». Déjà, Éric Zemmour avoue s’être défendu avec « mollesse ». L’idée trotte, prospère et prend d’autant plus de consistance que « les circonscriptions lectorales » dont il pouvait se flatter à la sortie de chacun de ses livres se sont renforcées de bataillons de téléspectateurs, qui, soir après soir, avec une fidélité déconcertante, sont venus grossir les audiences de CNews.

Il a découvert la politique avec Jean-Pierre Chevènement, avec Charles Pasqua et Philippe Séguin. Il a pris des trains, des avions, des voitures, partagé des dîners, des coupes de champagne avec eux. Mais comme il l’écrit en préambule de son dernier ouvrage, « le monde de géants de ma jeunesse est devenu un monde de nains ». À force, il s’est convaincu qu’il avait peut-être un destin qui l’attendait, que le journalisme politique préparait le candidat que beaucoup espèrent.

« C’est en allant vers la mer que le fleuve est fidèle à sa source », écrivait Jaurès. Comment ne serait-il fidèle à ce qu’il a si bien su définir ? « J’ai toujours pensé que la politique, écrit-il, c’est tenter de préserver ce que nos anciens ont construit, c’est-à-dire un chef-d’œuvre appelé France, pour le transmettre à ceux qui nous suivront sur cette terre. » Mieux qu’un programme, une vision dont les politiques sont pour la plupart dépourvus…

Sarah Knafo, l’incontournable conseillère d’Éric Zemmour

Pièce maîtresse de la précampagne d’Éric Zemmour, cette jeune énarque de 28 ans s’est imposée comme la principale conseillère de l’essayiste. Véritable tour de contrôle, Sarah Knafo verrouille tout, organise tout. Mais qui est-elle donc ?Par Jules TorresPublié le 30 septembre 2021 à 9h00 Mis à jour le 29 septembre 2021 à 23h21

La cheville ouvrière et intellectuelle d’Éric Zemmour arbitre toutes les décisions. Photo © DR

Ses yeux se lèvent sur la foule et se reposent aussitôt. Il la fixe sans arrêt, assise au premier rang, la prenant comme point de repère. Ce soir-là, à Nice, plus d’un millier de personnes écoutent religieusement Éric Zemmour présenter son nouveau livre, La France n’a pas dit son dernier mot. Lorsqu’il a un trou de mémoire, l’essayiste peut compter sur Sarah Knafo pour lui glisser des notes qu’elle prendra soin de récupérer aussitôt la conférence terminée. Une campagne – même quand elle ne dit pas son nom – se joue sur des détails.

Zemmour s’en remet à une jeune femme de 28 ans sortie dans la “botte” de l’Ena. S’il se lance dans l’aventure, Sarah Knafo sera le moteur principal de la machine. Mais ne l’est-elle pas déjà ? Elle rédige les fiches de l’éditorialiste, pilote le comité opérationnel, organise les réunions et s’occupe des recrutements. C’est elle qui a choisi le communicant Olivier Ubéda, ancien proche de Nicolas Sarkozy, pour la tournée promotionnelle du livre. « Ses équipes, elle sait les manier comme un berger son troupeau », confie un proche. En juillet, les zemmourophiles trustent les plateaux télé. Trop à son goût. Elle leur donne l’ordre de ne plus s’y rendre. Ils s’exécutent. La jeune femme arbitre toutes les décisions. Quand une tribune d’anciens élus RN s’apprête à voir le jour, elle la désamorce pour éviter de rentrer trop rapidement dans la campagne. En parallèle, elle gère les 23 pôles thématiques et charge une poignée de militants dans chaque département de la collecte des 500 signatures nécessaires. L’ensemble des candidatures passe par elle. Elle dispense même des cours de media training aux jeunes loups qui iront défendre Zemmour sur les chaînes d’info.

Elle a un cerveau exceptionnel et n’a franchement rien à envier à Stefanini

Jeune et talentueuse, elle impressionne. À 16 ans, Sarah Knafo déclarait déjà : « Je veux être Marie-France Garaud ! » Elle a été élevée à l’école de cette éminence grise qui aidera Jacques Chirac à fonder le RPR, et que ses adversaires surnommaient la “Machiavel en jupons”. C’est en 2015 que les deux femmes se rencontrent pour la première fois, lors d’un colloque. « Vous me faites penser à moi plus jeune, lui dira-t-elle. Venez prendre le thé chez moi, un dimanche. » Sarah y viendra chaque dimanche durant six mois.

Consciente que sa jeunesse et son inexpérience lui seraient reprochées, elle tente de trouver un directeur de campagne pour Zemmour. Elle songe à Patrick Stefanini, l’homme qui a fait gagner Chirac en 1995, Pécresse en 2015 et Fillon en 2016, et dont les analyses chiffrées sur l’immigration servent de références à Zemmour. « Elle a un cerveau exceptionnel et n’a franchement rien à envier à Stefanini, affirme un cadre LR. Son inexpérience peut être son point fort car elle sera capable d’imaginer des choses nouvelles. Mais pour réussir, elle ne doit pas se laisser influencer par des personnes moins brillantes. » Si cette proche de Zemmour est assurément dotée d’un sens politique et médiatique au-dessus de la moyenne, saura-t-elle être chef ? Le chantre de l’union des droites Paul-Marie Coûteaux abonde en ce sens : « Éric écoute Sarah et Sarah écoute Éric. Ils forment un parfait binôme. »

Discrètes rencontres

Les deux se connaissent depuis près de dix ans. En 2017, il encourage la jeune femme à passer le concours d’entrée de l’Ena, où elle est reçue et intègre la promotion Molière (2018-2019). Si elle a déjà participé à la campagne d’Henri Guaino en 2016, elle commence, dans l’ombre, à faire de la politique et met à disposition son appartement de la rue Bonaparte pour organiser de discrètes rencontres. En mai 2019, Éric Zemmour y partage un verre de rosé avec Marion Maréchal. En février dernier, Nicolas Dupont-Aignan et Laurent Wauquiez se succèdent dans une nouvelle demeure située boulevard Saint-Michel. La porte de l’appartement donne sur le cabinet de l’avocat de la famille Traoré. Yassine Bouzrou ne manque pas de s’étonner auprès de sa voisine des « personnalités sulfureuses » qui embouteillent les couloirs.

Un jour, alors qu’elle brunche avec des amis, Sarah Knafo presse ces derniers de partir. Elle doit se rendre à un rendez-vous très urgent chez un personnage mystérieux. Jacques Attali, le grand prêtre de la mondialisation heureuse, s’impatiente, tout heureux de pouvoir converser avec cette brillante intellectuelle dont il a fait connaissance dans un avion. Lorsque, plus tard, il apprendra les liens que la jeune femme entretient avec Zemmour, l’ancien conseiller spécial de Mitterrand décide de couper court à leurs échanges. D’autres n’ont pas les mêmes préventions : Xavier Niel, le tout-puissant patron d’Iliad, discute volontiers avec Sarah Knafo, même au mitan de la nuit.

Sarah est séductrice, enjôleuse et sait s’adapter à merveille à ses interlocuteurs

Ses réseaux sont conséquents : patrons de presse, personnalités politiques, préfets, chefs d’entreprise. « Sarah est séductrice, enjôleuse et sait s’adapter à merveille à ses interlocuteurs », souligne un ami. Avec ses contacts, elle correspond surtout via la messagerie cryptée Telegram. Ce qui n’empêche pas son portable de sonner sans interruption. Lors du déplacement à Nice, elle demande même aux journalistes un chargeur. « À 11 heures, mon téléphone est déjà déchargé », explique-t-elle.

Aujourd’hui, deux petites mains l’aident à gérer son agenda et ses rendez-vous. Sans organisation, impossible d’y voir clair. Sarah Knafo a la tête bien faite. Bac S, licence d’économie, master d’affaires publiques à Science Po Paris, tout pour réussir. Au sein de la prestigieuse école parisienne, elle cofonde Critique de la raison européenne, une association qui entend faire émerger les idées souverainistes. Elle anime des conférences et reçoit des personnalités comme Emmanuel Todd, Hubert Védrine ou Alain Finkielkraut. Ce qui lui permet d’étoffer son carnet d’adresses déjà bien fourni.

Un carnet d’adresses fourni

Elle devient ensuite collaboratrice parlementaire du député LR Didier Quentin, découvre le ministère de l’Intérieur, travaille à l’ambassade de France en Libye, et prépare le G7 de Biarritz. Pendant la crise du Covid, Sarah Knafo effectue un stage à la préfecture de Saint-Denis. Le préfet demande du renfort. Elle fait partie des volontaires et croise l’ancien conseiller politique de François Hollande à l’Élysée Aquilino Morelle.

En sortant de l’Ena, elle atterrit à la Cour des comptes, où son nom ne tarde pas à être connu. Les jeunes macronistes la dévisagent. Quand Pierre Moscovici, le premier président de la Cour des comptes, lui reproche sa proximité avec Zemmour, d’autres vieux caciques de l’institution de la rue Cambon viennent en toute discrétion la féliciter pour son engagement auprès de l’essayiste. Elle se sait sous surveillance. Son engagement bénévole auprès de Zemmour est problématique. Le 17 septembre, elle demande sa mise en disponibilité jusqu’au 30 novembre, période reconductible (la présidentielle se termine en avril 2022).

La campagne lui demande beaucoup de temps et elle souhaite protéger la Cour devant la médiatisation. C’est elle qui a préparé le débat face à Jean-Luc Mélenchon sur BFM TV, en choisissant notamment les thèmes avec l’insoumis Manuel Bompard. En juillet dernier, nous lui demandions quand Zemmour affronterait un poids lourd lors d’un débat. Elle nous répondait, pleine de malice et de gourmandise : « Macron ? 15 avril 2022 ? »

Les militants de l’UNI en faveur d’une candidature Zemmour

Le syndicat étudiant de droite proche des Républicains semble attiré par une candidature Zemmour compte tenu de la « centrisation » de Xavier Bertrand et Valérie Pécresse. Par Kévin TanguyPublié le 29 septembre 2021 à 7h00

Eric Zemmour semble attirer la jeunesse de droite au détriment des candidats Républicains. ©BUFKENS CEDRIC/SIPA

« La base LR demande autre chose mais ses chefs regardent ailleurs », a dénoncé dimanche Eric Zemmour, invité à s’exprimer lors de la Journée du conservatisme, organisée par le Mouvement Conservateur (anciennement Sens commun). Le journaliste pas encore candidat en a profité pour vilipender la direction du parti de droite. « LR est devenu depuis longtemps un parti de notables centristes qui a trahi l’héritage du général de Gaulle », a-t-il ajouté. A peine son discours terminé, l’éditorialiste se hâtait dans les escaliers du théâtre Armande Béjart, à Paris, pour rejoindre la sortie, tout en prenant le temps de serrer les mains qui se tendaient vers lui. En arrivant près de la sortie, sous les cris des sympathisants « Zemmour, Zemmour, Zemmour », ce dernier s’est arrêté devant le stand de l’Union nationale interuniversitaire (UNI). Pas mécontents de le voir approcher, les militants du syndicat étudiant lui ont tendu une affiche qu’Eric Zemmour a dédicacé avec plaisir. Ils ont déjà prévu de l’encadrer et de l’accrocher au siège de leur syndicat. « Fais gaffe que ça ne s’efface pas ! », ont même supplié certains dans des groupes de conversation privée. Mais comment expliquer l’engouement de ces jeunes pour l’ancien chroniqueur de Face à l’info alors que leur syndicat est réputé proche des Républicains ? 

« La droite fière de ses valeurs »

A propos de la candidature Zemmour, les militants de l’UNI marchent sur des œufs. La structure ne soutient aucun candidat et les militants sont libres de leur choix. « On ne soutient personne, on soutient des idées. Notre rôle est de faire avancer tout le monde dans le même sens, peu importe qui porte nos idées », veut rassurer le président de l’UNI, Olivier Vial. Mais il faut avouer que la question s’est rarement posée pour ces jeunes de droite. Certains confient que jusqu’à François Fillon, tous les candidats de la “droite traditionnelle” assumaient des idées fortes. « Xavier Bertrand et Valérie Pécresse ne répondent pas aux aspirations d’une jeunesse de droite qui en a marre de la langue de bois et qui veut défendre fièrement ses convictions sans demi-mesure », affirme ainsi Jacques Smith délégué national de l’UNI. Les attentes des militants sont grandes et le duo Bertrand-Pécresse ne les satisfait pas, tout comme Marine Le Pen. « L’offre politique actuelle ne correspond pas aux attentes de la jeunesse de droite, c’est pour cela qu’elle rejoint l’UNI pour prendre une pile de tracts, combattre la gauche sur le terrain et mener le combat idéologique dans les universités », ajoute Jacques Smith. Une seule personne semble pouvoir combler ce vide immense aujourd’hui : Eric Zemmour. 

Certains voient dans l’éditorialiste le combat qu’ils mènent chaque jour dans les universités. Les déclarations du presque candidat viennent percuter le réel et permettent de libérer la parole. « Les jeunes sont confrontés tous les jours à la domination des étudiants et professeurs woke. Le fait que Zemmour puisse s’exprimer librement a créé un engouement autour de lui auprès des étudiants de droite », confie un militant de l’UNI, qui souhaite garder son anonymat. Le mot “orphelin” revient dans la bouche de nombreux militants, qui avaient espéré une candidature du président LR de la région Auvergne-Rhône-Alpes. « Les jeunes de droite, soucieux de sauver leur pays, leur culture, leur civilisation sont orphelins, notamment après que Wauquiez est décidé de ne pas y aller », souffle ainsi le délégué national de l’UNI, Jacques Smith. Dès lors, Eric Zemmour est la seule personne à leurs yeux à pouvoir s’engager dans la bataille présidentielle. Depuis que la candidature de Zemmour ne fait plus de doute, le syndicat constate même une augmentation du nombre de ses adhérents. Cependant le président de l’UNI s’interroge : « Est-ce que la sympathie va se transformer en vote ? » Pour lui, il est « trop tôt pour avoir une vraie analyse ».

Pourtant, l’éditorialiste avait été invité de manière chaleureuse au siège des Républicains. Laurent Wauquiez avait même déclaré lors de le conférence « vous êtes ici chez vous ». Entre temps, Valérie Pécresse et Xavier Bertrand ont décidé de quitter le parti, en divergence avec la “ligne Wauquiez”. « Par stratégie électorale, ils se centrisent pour concurrencer Emmanuel Macron », détaille Jacques Smith. Le choix de Valérie Pécresse d’aller débattre avec le député communiste Fabien Roussel à la fête de l’Humanité tout en refusant de participer à la Journée du conservatisme a laissé un goût amer. Mais alors pourquoi la direction LR bascule-t-elle au centre alors que sa base militante penche bien plus à droite ? Il faut dire le traumatisme des élections européennes de 2019, avec les 8 % récoltés par la tête de liste François-Xavier Bellamy et sa ligne conservatrice, reste encore dans toutes les esprits. Les études d’opinion publiées récemment confirment qu’Eric Zemmour capte les électeurs qui avaient voté pour François Fillon en 2017. Pour les militants de l’UNI, l’accueil réservé au polémiste dimanche dernier, au cours de la Journée du conservatisme, est en tout cas une preuve concrète de compatibilité. L’avenir dira si leur stratégie était la bonne.

Hypermind – Zemmour devance Le Pen et Bertrand

Le marché prédictif présidentiel Hypermind- « Le Point » estime qu’Éric Zemmour a plus de chances de gagner l’élection que Marine Le Pen ou Xavier Bertrand.

Eric Zemmour s'empare de l'electorat de Marine Le Pen.
Éric Zemmour s’empare de l’électorat de Marine Le Pen.© STEPHANE DE SAKUTIN, STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Par Émile Servan-Schreiber (*)Publié le 29/09/2021 à 09h20

Il y a deux façons d’observer l’évolution des candidatures à l’élection présidentielle. Via le prisme des sondages du jour sur les intentions de vote, on apprend que, si l’élection avait eu lieu hier, Emmanuel Macron et Marine Le Pen seraient qualifiés pour le second tour. Xavier BertrandJean-Luc Mélenchon et Éric Zemmour rivaliseraient pour la troisième place, mais seraient éliminés dès le premier tour.

L’autre façon d’appréhender l’élection est de se projeter jusqu’au printemps 2022 en se demandant qui a le plus de chances d’être élu(e) à ce moment-là. C’est la question que se posent les centaines de pronostiqueurs de notre marché prédictif présidentiel, et leurs prévisions collectives éclairent la course à l’Élysée sous un jour différent.

Le Pen remplacée par Zemmour

Le président fait toujours figure de grand favori à sa succession, avec une cote stabilisée depuis le printemps au-dessus de 60 % de chances de gagner. Mais c’est Zemmour que le marché place désormais en challenger désigné avec 14 % de chances. Si l’écart avec Macron est encore énorme, les chances du polémiste sont, en revanche, déjà plus du double de celles de Le Pen ou de Bertrand, à 6 % chacun.

Pour les pronostiqueurs, la fatalité d’un duel de second tour entre Macron et Le Pen semble aujourd’hui une idée désuète. Ce matin, ils n’accordent à cette dernière qu’une chance sur trois (34 %) de figurer au second tour, contre 95 % pour Macron. Il y aurait donc deux chances sur trois que quelqu’un d’autre affronte le président au second tour. Le marché estime aujourd’hui à 80 % les chances que Zemmour se déclare officiellement candidat. Si celui que d’aucuns considéraient hier comme un « clown » devait céder à la tentation, il ne ferait plus rire personne.

À LIRE AUSSIÉric Zemmour : « Les candidats commencent à courir après mes idées »

Rappel sur la méthode

Le marché prédictif est une plateforme de paris (virtuels) en ligne conçue pour prévoir le futur en interrogeant l’intelligence collective. Chaque prévision est cotée sous la forme d’actions qui s’échangent sur le marché. Si la prévision est avérée, son action vaudra 100 points ; si elle ne l’est pas, son action ne vaudra rien. Le prix d’une prévision – qui évolue avec l’actualité – reflète ainsi sa probabilité de réalisation à terme. Sept cents traders participent aux pronostics présidentiels mentionnés dans cet article.

Pour participer au marché prédictif présidentiel Hypermind- Le Point, rendez-vous sur http://lepoint.hypermind.com. Participation gratuite et 5 000 euros à gagner.

(*) Émile Servan-Schreiber dirige l’institut prédictif Hypermind-« Le Point ». Il est professeur à l’École d’intelligence collective de l’université Mohammed-VI-Polytechnique et auteur du livre « Supercollectif : la nouvelle puissance de nos intelligences » (Fayard, 2018).

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Présidentielle 2022 : un sondage donne Eric Zemmour au coude-à-coude avec Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon

Selon un explosif sondage Harris-Interactive publié mardi 28 septembre, Eric Zemmour dépasse désormais les 13% d’intentions de vote, soit le même score que le leader LFI, tandis que Marine Le Pen chute à 16%.Par valeursactuelles.comPublié le 28 septembre 2021 à 17h21

Eric Zemmour à la Journée du Conservatisme, 26 septembre 2021 © BUFKENS CEDRIC/SIPAPartager cet article surFacebookTwitterLinkedIn

Le chiffre bruissait dans toutes les rédactions depuis hier soir, lundi 27 septembre. Sur le plateau de l’Heure des pros, Pascal Praud le qualifiait même de possible « déflagration ». La rumeur est désormais confirmée : un sondage de l’institut Harris-Interactive, publié dans l’après-midi du mardi 28 septembre, crédite Eric Zemmour de 13 à 14% des intentions de vote, en vue de l’élection présidentielle de 2022.A LIRE [Saint Clair] Éric Zemmour face au défi de l’assimilation

Un score particulièrement haut, augmentant de 2 à 3 points un précédent sondage daté du 23 septembre dernier. L’estimation d’Harris-Interactive souligne, plus que jamais, la massive dynamique dont bénéficie l’ancien journaliste du Figaro et de CNews depuis la rentrée. Au début du mois de septembre, encore, Eric Zemmour était, en effet, crédité de 5 à 7% des intentions de vote.

Marine Le Pen s’effondre, Mélenchon remonte

Forcément, la poussée d’Eric Zemmour se fait aux dépens de Marine Le Pen et du Rassemblement national (RN), dont la dynamique fonctionne presque en miroir de celle du journaliste. L’ancienne présidente du RN, qui a laissé la direction du parti à Jordan Bardella le 13 septembre dernier, frôlait les 23% d’intentions de vote il y a un mois. Elle dégringole désormais à 16%, non loin du score d’Eric Zemmour. Son principal rival, Emmanuel Macron, reste relativement stable, et bénéficierait d’entre 23 et 26% des faveurs des Français. Dernière « déflagration », enfin : Jean-Luc Mélenchon suit l’ascension d’Eric Zemmour, et atteint également 13 ou 14% des intentions de vote — une progression qui suit justement le débat qui l’a opposé au journaliste sur BFM TV, jeudi 23 septembre.

Eric Zemmour

Je reviens sur la soudaine décision du gouvernement d’@EmmanuelMacron de réduire drastiquement les visas pour l’Algérie, le Maroc et la Tunisie.

Retrouvez l’intégralité de ma réaction sur ma chaîne YouTube :
https://youtu.be/xpNDywOuLjI

Présidentielle 2022 : un sondage donne Zemmour au coude-à-coude avec Bertrand, dans un mouchoir avec Le Pen

L’étude, réalisée par Harris Interactive, indique que le polémiste devancerait la droite en cas de candidature de Valérie Pécresse ou Michel Barnier.

Le ticket d’entrée pour le second tour est plus serré que jamais. Tandis qu’Emmanuel Macron caracole en tête des intentions de vote (23% à 24%) dans presque tous les sondages, le jeu pour la deuxième place apparaît de plus en plus incertain. Selon une étude Harris Interactive pour Challenges , publiée mardi, Éric Zemmour vient semer le trouble en continuant sa progression.À découvrir

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Testé à 13%, le polémiste est donné au coude-à-coude avec l’ex-LR Xavier Bertrand (14%), et dans un mouchoir avec Marine Le Pen (16%). En cas de candidature de l’ex-LR Valérie Pécresse (12%) il passerait alors devant la droite (13%). Écart qui se creuserait encore plus (14%) si c’est le LR Michel Barnier (8%) qui était choisi pour représenter sa famille politique.

Mélenchon en tête à gauche, devant Hidalgo, Jadot et Montebourg

Quel que soit le scénario, la candidate RN plafonnerait quant à elle à 16% des voix, soit douze points de moins qu’au début du mois de juin (28%). Une mauvaise dynamique qui la laisse de marbre, comme elle ne manque jamais de le rappeler en petit comité. «Je garde le calme des vieilles troupes», a-t-elle coutume de répéter lorsqu’elle est interrogée sur les enquêtes d’opinion.

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À gauche, enfin, seul Jean-Luc Mélenchon peut se satisfaire des résultats. Avec 13% (+3 par rapport au début du mois de septembre), le leader de la France Insoumise s’impose en distançant la socialiste Anne Hidalgo (7%), l’écologiste Yannick Jadot (6%), et le souverainiste Arnaud Montebourg (2%). Reste à savoir s’il bénéficiera d’un report des voix des soutiens de Sandrine Rousseau.

ÉRIC ZEMMOUR: “LES RÉPUBLICAINS JOUENT LES CHOCHOTTES”

Eric Zemmour, interrogé au cours d’un déplacement ce dimanche, estime que “les Républicains jouent les chochottes”.

Qu’il plaise ou non, Eric Zemmour a souvent le sens de la formule. Et sa dernière sortie ne va pas plaire du tout aux Républicains… Le polémiste, qui multiplie les interviews mais ne s’est pas encore déclaré candidat à l’élection présidentielle de 2022, a déclaré que les Républicains “jouent les chochottes”.

Éric Zemmour participait à la journée du Conservatisme à Asnières dans les Hauts-de-Seine ce dimanche. Interrogé au milieu de la foule par un journaliste, il répète pourquoi il faut – selon lui – une union de la droite et de l’extrême-droite pour les élections. “Il faut réunifier les droites, je le dis depuis 20 ans. Et c’est pas en jouant les chochottes qu’on  va les réunir”, a expliqué Eric Zemmour. Relancé par le journaliste pour savoir si, actuellement, les Républicains jouaient les chochottes, le polémiste a répondu : “Ben oui